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Journée de la Femme – La cause encore non gagnée

Tapage. Antananarivo a accueilli la célébration nationale de la journée du droit de la femme dans la cacophonie. La grande scène installée à Anosy a drainé une foule immense venant des quartiers de la capitale. Cinquante femmes par région ont fait le déplacement pour marquer la « fête »nationale du 8 mars. De nombreuses régions ont remué ciel et terre pour arriver à assurer le déplacement des représentantes vers Antananarivo. Des défilés et des parades de femmes représentant les divers ministères, entités et régions ont été aperçus. Après les quelques discours, la foule a eu droit à des animations et prestations d’artistes de renom.
Se faufilant dans les embouteillages et sous la chaleur tapante, les femmes devaient ensuite traverser le marché et la foule de Mahamasina pour rejoindre le palais des Sports de Mahamasina où une autre forme de célébration avait eu lieu. « Nous allons rejoindre nos stands respectifs et en profiter pour voir ce que les autres régions ont à offrir. L’important c’est qu’on nous aperçoit dans la rue et au palais des sports avec nos tenues. Un signe de notre engagement pour le 8 mars », a indiqué Adeline, venant de la région Sofia. Sur place, vente et exposition des produits de chaque région et informations et sensibilisations sur la place qu’ont les femmes au sein d’entités publiques et non gouvernementales ont marqué le 8 mars.

Idées divergeantes
Sur le fonds même, les idées divergent quant à ce qu’il faut comprendre du sens de la célébration du 8 mars. « La célébration n’est pas seulement une fête. Elle doit être une journée d’information et de sensibilisation sur les droits des femmes dans la société. On oublie trop souvent les droits, la capacité et les compétences des femmes à entreprendre par exemple ou à participer à la vie politique », a expliqué pour sa part, Aina Kurick, députée française, d’origine malgache, ayant partagé ses défis et ses engagements auprès des femmes parlementaires au Sénat, hier dans la soirée. « Le 8 mars ne doit pas seulement être une parade car nombreuses ne comprennent même pas ce qu’on entend par droits, leurs droits », indique pour sa part Olivier Raharinaivo, enseignant dans une école supérieure de la capitale. L’idée d’une autre citoyenne est de faire participer plus les hommes pour gagner la cause du droit des femmes. « On a tendance à exclure les hommes alors que les hommes y sont pour beaucoup dans notre vie quotidienne », s’exprime Anja Nantenaina, femme activiste au sein d’une association pour le droit de l’homme. En somme, la première journée d’hier n’a pas encore reflété le sens voulu par les ouvrières européennes, il y a de cela 104 ans et, officialisée pour le 8 mars par les nations unies en 1977 pour la lutte pour les droits des femmes et pour la réduction des inégalités par rapport à l’homme.

Mirana Ihariliva