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Site d’hébergement – Tollé des sinistrés d’Ambaninampamarinana

Les occupants de la zone rouge à Ambaninampamarinana repoussent le site d’hébergement à Andohatapenaka.

Le site d’hébergement au village Voara à Andohatapenaka déçoit les sinistrés d’Ambaninam­pamarinana. Ils quittent les lieux avant même de s’installer.

Déception. Après 4 heures de route passée dans la remorque d’un camion, les sinistrés d’Ambaninampa­marinana, transportés depuis le site d’hébergement à Mahamasina vers celui d’Andohatapenaka, constatent avec une grande déception les « box » du village Voara à Andoha­tapenaka, dans lesquels ils sont prévus vivre, le temps de trouver une solution à leur recasement, suite au danger d’éboulement sur cette colline de Manjaka­miadana. Ils sont arrivés sur place vers 18 heures 40 minutes.
À cet instant, le black-out frappe le quartier d’Andohatapenaka. Le ton est tout de suite monté.
« C’est dans un box de vente qu’on veut nous placer. Mais vous nous prenez pour des pauvres sinistrés ou quoi ? Les habitants de Tsimialonjafy, pourtant, vous les avez installés dans un confort à Ambohidratrimo. C’est inadmissible. En plus, il n’y a pas assez d’espace pour installer nos meubles. Ou bien garantissez-vous leur sécurité pendant que nous vivons ici ? », s’adressent quelques-uns au Préfet de police d’Antana­narivo-ville et aux responsables du Bureau national de la Gestion de risques et catastrophes (Bngrc) qui
sont venus les installer dans ce site d’hébergement. D’autres crient : « Comment pourra-t-on vivre ici ? Notre santé est mise en jeu. Et il n’y a pas de marché, il n’y a pas d’électricité. Et encore, où va-t-on trouver les moyens pour nous déplacer en ville, là où nous travaillons, là où nos enfants étudient ? Nous acceptons notre évacuation mais trouvez une solution plus adéquate ».

Minimum de confort
La trentaine de personnes venue sur place pour observer ce site d’hébergement a, tout de suite, pris le chemin du retour avec leur matelas et leurs bagages. « Nous préférons rester au site d’hébergement à Mahamasina. Là-bas, au moins, on peut surveiller notre maison et nos meubles », indique l’un d’eux. Seule une octogénaire, Mélanie Rasoanantoandro qui vit avec ses deux petits enfants, a accepté de rester. Elle a installé son matelas et ses bagages, pendant que ses voisins remontent dans le camion. « J’accepte de rester ici, car je veux encore vivre. Notre maison se trouve dans la zone rouge de l’éboulement. J’aimerais juste savoir jusqu’à quand on va rester ici ? », indique cette femme âgée de 82 ans.
Mélanie Rasoanantoan­dro occupe un espace en dur, d’environ 3 mètres sur 5 mè­tres, comme tous les autres box de ce site d’hébergement. Il y a le minimum de confort, contrairement au site d’hébergement à Mahamasina où ils doivent dormir sous une tente.
Le site à Andohata­pe­naka est électrifié, il dispose de toilettes, il est ravitaillé en eau. Le seul problème, c’est que le coin cuisine n’est pas encore installé. « Nous avons fait savoir, depuis le début, que ce sont des box et non des « villas » qui sont disponibles au site d’hébergement à Andohatapenaka. Il s’agit d’un lieu où les familles peuvent dormir et préparer à manger. Ils peuvent y rester jusqu’à trois à quatre mois. Contrairement au Gymnase couvert de Mahamasina », indique le Général Angelo Ravelo­narivo, préfet de police d’Antananarivo-ville.
Selon le Préfet de police d’Antana­narivo, il s’agit d’une solution provisoire. Un plan de recasement serait déjà en étude.