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Éducation – La danse contribue à la réussite

Équilibre. Les études supérieures ne font pas l’essentiel de la vie là où un objectif n’est pas fixé d’avance. Le système LMD ou Licence-Master-Doctorat permet également aux étudiants de s’adonner à des activités ludiques à côté du temps réservé au travail personnel de l’étudiant ou TPE. Cependant, les étudiants préfèrent des activités liées au développement personnel et à l’amélioration de la condition physique à la place des activités para-universitaires encadrées.
Pour Jimmy Andria­niaina, fraîchement sorti de l’Université d’Antananarivo, « Ce n’est pas le temps largement consacré aux études qui stimule l’intelligence ou la capacité d’assimilation à l’Université. L’enseignement supérieur devrait être un lieu où il faut donner libre cours à la créativité. Il est regrettable qu’à l’ancienne époque où des emplois du temps chargés emprisonnent l’étudiant, la danse ne pouvait être faite ni même pratiquée que dans des endroits peu fréquentables, en raison du coût ou de l’espace ». Des étudiants dansent quotidiennement sur une rue dans l’enceinte de l’Université d’Ankatso.
Parmi eux se trouvent des étudiants liés par des liens amicaux malgré la disparité des filières. Selon eux, la danse leur permet d’être dynamique et de ne plus être coincé ou borné dans les études. La réussite universitaire, contrairement à l’image que l’on s’en fait, s’acquiert par l’ouverture d’esprit.

Gestion de temps
La liberté de choisir la priorité entre les études et la danse reste cependant préoccupante. De l’avis d’un curé d’une paroisse située en ville, « Il vaut mieux voir des étudiants sachant danser que sachant fumer ou être alcooliques. Déjà l’implication des jeunes élites lors des danses liturgiques à l’occasion de fêtes paroissiales démontre l’intérêt pour la danse ». Beaucoup de clubs de danse existent
dans presque toutes les universités privées de la capitale. Les sorties de promotion sont d’ailleurs l’occasion de révélation des talents de
danseur.
« La danse m’aide beaucoup dans ma vie d’étudiant. L’autorisation parentale pour la pratiquer n’est plus requise lorsqu’on est majeur. Je suis danseur depuis mes années de collège et comme je suis actuellement à l’université, la danse me demande des responsabilités. L’autonomie en tant qu’étudiant pousse à faire la part des choses entre ce qui est urgent et important. On est responsable lorsqu’on sait alterner ce qui est prioritaire et secondaire à un moment donné. Si la simple distraction occupait mon temps au début de l’année
universitaire, maintenant la danse me permet de me cultiver autrement à côté des études », explique Dinaniaina Razafimamonjy, un étudiant de dix-neuf ans. « En tant qu’étudiant, la danse est en quelque sorte un petit boulot pour ceux qui sont professionnels. Depuis quatre ans où j’ai intégré un groupe de danse, le professionnalisme s’est ouvert à moi. L’investissement personnel injecté lors des répétitions, est compensé par l’obtention de contrat. La danse m’accompagne dans mes finances, dans mes études », précise, pour sa part, Safidy Ravaoavy.
Interrogée par rapport à l’engouement des jeunes pour la danse, Tatiana Raharinirina donne sa version : « Avec une trentaine d’étudiants dans notre club qui célèbre ces quatre ans le 7 février, on peut dire que, pour le cas du club Na’ Danse, les jeunes vivent la passion ».

Tsiory Fenosoa Ranjanirina