Océan indien

La Réunion – Trop de marins étrangers sur les bateaux

Le syndicat de marins-pécheurs estime aussi que le salaire diminue avec la baisse des quotas.

Le Syndicat des marins pêcheurs de l’océan Indien dénonce un salaire en baisse. Le nombre des marins étrangers sur les navires réunionnais augmente.

C’est un petit événement dans le monde de la pêche. Pour la première fois, les marins qui embarquent sur des navires hauturiers pour aller pêcher la légine ou la langouste ont créé leur propre syndicat. Il s’agit du Syndicat des marins pêcheurs de l’océan Indien dont Johanne Juillerot en est le secrétaire général.
Le syndicat veut ouvrir des discussions avec les patrons des armements réunis sous la bannière du SARPC (Syndicat des armements réunionnais de palangriers congélateurs) qui réunit les armements de pêche à la légine. Deux sujets principaux font partie de ses revendications : les salaires des marins réunionnais et le nombre de marins étrangers sur les bateaux.

Baisse du salaire
Le quota de marins français et étrangers sur un navire est fixé par le code du transport maritime. Selon le syndicat, la moitié de l’équipage doit être français. Or, il assure que çà ne serait pas toujours le cas: «Avant nous étions entre vingt cinq et vingt sept Réunionnais. Hier, nous n’étions plus qu’une dizaine par bateau. Il y a trop de marins étrangers sur les bateaux. Les armements ont eu le droit d’embaucher 50 % de marins étrangers mais parfois, ce quota est dépassé. Lors d’une dernière campagne dont j’ai fait partie, il y avait environ 40 % de marins français». Johanne Juillerot précise qu’il a «rien contre les marins étrangers». «En revanche, je suis contre la politique des armements. À un moment, il faut arrêter. Avec un seul salaire d’un marin français, ils peuvent payer cinq ou six marins malgaches pour environ 350 euros le mois».
Autre sujet de divergence : le salaire. Celui-ci est composé d’une part fixe et d’une part variable basée sur l’effort de pêche. Or, les quotas fixés par les Terres australes françaises, la zone de pêche des armements réunionnais, a baissé de 435 tonnes en deux ans. Il a été fixé à 5915 tonnes pour l’année 2018-2019 afin de préserver les ressources halieutiques. Par effet mécanique, la part variable des marins diminue.
«Depuis trois ans, j’ai dû perdre entre 7000 et 8000 euros par an, assure Johanne Juillerot. Quand on évoque nos salaires avec nos patrons ils nous disent d’aller voir ailleurs si on n’est pas contents. Le problème, ce n’est pas la baisse des quotas, c’est le prix de vente. Par exemple, la tonne de langouste se vend à 14 euros la tonne une fois pêchée alors qu’elle se retrouve à 85 euros le kilo pour les consommateurs !»
Autant d’arguments qui sonnent faux aux yeux de la direction d’un armement contactée. Celle-ci affirme que les «marins sont payés au delà de la moyenne réunionnaise et française. Ce qui est normal puisque le métier de marin est difficile». «C’est un procès un peu dur à entendre, ajoute ce dirigeant. Concernant les quotas de marins étrangers et français, nous allons au delà de la réglementation». Pas sûr que le syndicat soit d’accord avec lui. Ce dernier veut engager rapidement des discussions avec les armements réunionnais.

© JIR