Politique

Exécutif – Clash en conseil des ministres

Le Président Rivo Rakotovao aurait fait valoir la souveraineté nationale.

Une remarque présidentielle sur la sécurité aurait entrainé un vif échange en conseil des ministres. Un membre du gouvernement a quitté la salle de réunion.

Incident. Le mot a été dit par un membre du gouvernement. Le communiqué de presse du conseil des ministres qui s’est déroulé au palais d’Etat d’Ambohitsirohitra, mercre­di, rapporte un vif échange qui s’est déroulé durant la réunion hebdomadaire de l’Exécutif. Un clash qui a amené un ministre à claqué la porte du conseil.
« Le chef de l’État a ensuite fait une remarque appuyée sur les interventions directes et publiques de personnes ressources de nationalité étrangère lors d’une récente conférence sur la sécurité, jugées inopportunes en regard de la souveraineté nationale et entrant, d’autant plus, dans le cadre d’une période de campagne électorale. La mise en avant de matériels stratégiques de défense, sujets à une réglementation stricte, a aussi été pointée du doigt », rapporte le communiqué rapportant les débats du conseil des ministres.
Les sources informées confirment que l’objet de cette remarque est la conférence sur la sécurité organisé par le candidat Andry Rajoelina, au Centre de conférence internationale (CCI), Ivato, la semaine dernière. Le communiqué ajoute, « s’en est suivi une levée de boucliers de la part de certains, dont un ministre qui a délibérément choisi de quitter la séance, estimant avoir été lésé dans le temps imparti aux échanges sur le sujet abordé et ce, malgré l’exhortation du Premier ministre à la sérénité ».
Les informations indiquent que c’est Holder Ramaholimasy, ministre de la Fonction publique, qui a quitté le conseil des ministres. Elles confirment qu’il aurait estimé que « le respect et l’équité n’auraient pas été respecté », dans les prises de parole sur ce point de débat. La levée de boucliers vient des ministres issus du Groupe des partisans de Andry Rajoelina (MAPAR).

Régalien
Les autres ministres Oranges auraient, toutefois, choisi de rester jusqu’à la fin du conseil. L’un d’eux aurait fait un plaidoyer sur le sujet à l’issue de la réunion. Il aurait soutenu que le matériel présenté serait factice et servait juste « à démontrer avec des exemples concrets des projets d’un candidat à la présidentielle. Il n’est nullement question d’atteinte à la souveraineté. Il s’agissait, au contraire, de proposition visaant à renforcer la sécurité ».
De sources avisées, le général Béni Xavier Rasolo­fonirina, ministre de la Défense nationale, aurait déjà abordé ce fait durant un conseil du gouvernement. Durant ces observations, le numéro un des Forces de défense et de sécurité (FDS), aurait indiqué que s’agissant de matériel stratégique de défense et de sécurité, l’exportation et l’entrée au pays relèveraient d’une autorisation du premier responsable de la défense nationale.
Le général Rasolofonirina aurait souligné que concernant « le pouvoir régalien de l’Etat », suivant le choix politique « d’un Président de la République élu ». Aussi, les indiscrétions rapportent que le ministre de la Défense nationale, aurait ainsi, refusé une demande d’autorisation faite par le camp Rajoelina, de faire entrer le matériel présenté au CCI dont, le drone. Pareillement, pour une demande d’autorisation de procéder à un essai qui a été fait à Tsiroanomandidy.
Lors de cette observation soulevée devant le gouvernement, et parait-il, durant le conseil des ministres, hier, également, les interrogations auraient été émises sur l’entité ou la personnalité qui aurait donné les autorisations nécessaires. Une remarque selon laquelle, ce fait serait un mauvais signal vis-à-vis de la politique de lutte contre la prolifération des armes aurait choqué certains ministres.
Une source proche des Oranges insiste, toutefois, sur le fait que « s’agissant de matériel non militaire, car non armée, et n’ayant pas été utilisé dans une zone stratégique, une autorisation du ministre de la Défense nationale, n’est pas nécessaire ». À entendre cette source, le matériel présenté au CCI Ivato serait passé par la douane, comme n’importe quelle marchandise ou bagage conventionnel et civil.
Seulement, le communiqué du conseil des ministres, les échos des débats indiquent que l’avis des membres de l’Exécutif est divisé sur la question. Les responsables des FDS estimeraient, par ailleurs, que les propos de certains intervenants étrangers tendraient à entamer la souveraineté nationale, car se rapportant « à des sujets d’ordre régalien ».