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Épidémie-Forte hausse des cas de rougeole

Tout le monde est exposé à la rougeole, en l’absence de vaccination.

La situation de rougeole est alarmante. Huit mille cas ont été recensés dans une quarantaine de districts.

Plus de mille cas de rougeole recensés en quelques jours. Lundi, le ministère de la Santé publique a rapporté six mille six cent trente cas, notifiés jusqu’au 1er décembre. Hier, ce chiffre s’élève à huit mille, selon la même source. Le nombre des décès n’a pas été communiqué, mais plusieurs médecins affirment l’existence de cas, depuis novembre.
Ce chiffre risque encore d’augmenter. Les personnes non immunisées contre cette maladie virale pullulent. « Seulement 45% des cibles ont reçu les doses à Antananarivo, lors de la dernière campagne de vaccination. Beaucoup de parents ont refusé de faire vacciner leurs enfants », regrette une source auprès de ce ministère. Si plusieurs parents sont réticents, certains, notamment ceux des élèves des écoles françaises se ruent pour faire vacciner leurs enfants. Dans ces établissements scolaires, elle est obligatoire. Une recrudescence de la rougeole est aussi notifiée en France.
L’épidémie touche déjà une quarantaine de districts. Antananarivo est la plus affectée depuis octobre, début de l’épidémie. Et avec la propagation incontrôlable de la maladie, le nombre des victimes commence à augmenter dans d’autres localités où il y a une forte agglomération, comme à Toamasina, à Ambaton­drazaka, ou à Antsohihy. À Morondava, des sources rapportent aussi la hausse des cas, avec des décès suspects.

Préventions
Les hôpitaux affichent le plein, les médecins sont débordés. Le ministère a décidé de mettre en place un service dédié à la prise en charge de ces malades au centre hospitalier universitaire (CHU) d’Andoha­tapenaka, pour soigner les victimes à Antananarivo qui ont besoin d’être hospitalisées. Les soins sont gratuits.
Cette maladie fortement contagieuse ne choisit pas ses victimes. Elle peut toucher autant les enfants que les adultes. Mais les complications se présentent souvent chez les adultes. «Tout a commencé par une forte fièvre, des toux. Trois jours après, je me suis sentie très fatiguée. J’ai eu mal à la gorge, je n’ai pas arrêté de vomir. Des éruptions cutanées sont par la suite apparues. Je ne pensais pas survivre à cette maladie », témoigne une survivante de la rougeole. Il a été noté lors de la réunion annuelle du Conseil National de Gestion des Risques et des Catastro­phes (CNGRC) sur la préparation de la résilience à la saison cyclonique à venir à Mahazo­arivo, hier, qu’une étude sur l’augmentation de l’importation des vaccins contre la rougeole est en cours.
Le ministre de la Santé publique, le professeur Yoël Ranto­malala a, par ailleurs, souligné, que des vaccins pour les enfants de 9 mois à 9 ans arriveront après une semaine. Une autre campagne de vaccination contre la rougeole se tiendra dans les zones les plus affectées. En attendant, tout le monde peut se protéger en évitant le contact avec les malades, et en renforçant son immunité par une bonne alimentation, un bon sommeil et la consommation d’au moins un litre et demi d’eau par jour. Cette épidémie de rougeole a été à la une de la séance du Conseil des ministres qui s’est tenu à Ambohi­tsorohitra, le 5 décembre.