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Corruption et trafic de bois de rose – Quatre exportateurs déférés au Parquet d'Antalaha

Pour cause d’abus de fonction et complicités rattachés à des activités de trafic de bois de rose, quatre personnes ont été déférées devant le Parquet d’Antalaha hier. L’un des accusés est le propriétaire des bois précieux.

L’étau se resserre. Le Bu­reau indé­pendant anti-corruption (Bianco) commence visiblement à boucler ses enquêtes relatives aux activités illicites inhérentes aux trafics de bois de rose. À Antalaha, hier, quatre individus ont été déférés devant le Parquet du Tribunal de première instance (TPI).
Abus de fonction et complicités rattachés à des activités de commerce illicite de bois de rose sont les chefs d’inculpation retenus contre les quatre personnes. Selon les informations, l’affaire qui a mené au déferrement d’hier concernerait l’exportation illicite de plus de neuf mille rondins de bois de rose. Les investigations menées par le Bureau d’Ambohibao auraient, quant à elles été déclenchée, par une doléance faite en 2013.
Après quatre ans d’enquête, le transporteur des bois précieux, deux autorités locales qui ont facilité le commerce illicite, ainsi que le propriétaire de la cargaison ont été épinglés et présentés devant le juge d’ins­truction. Des indiscrétions révèlent que le propriétaire en question serait un certain Thu Nam. Il s’agi­rait d’un opérateur-exportateur ayant pignon sur rue dans la partie Nord-Est de Madagascar, indique les sources.

Complexe
L’une d’elles confirme qu’il s’agirait effectivement d’un opérateur très connu à Antalaha. Si l’on en croit les informations venant d’Anta­laha, l’audition des quatre prévenus aurait duré plusieurs heures. Jusqu’à 21 heures, les résultats du déferrement n’ont pas encore été connus.
L’affaire transférée au Parquet du TPI d’Antalaha, hier, remonte à la fin de la période transitoire. Auprès du Bianco, il est souvent mis en avant que la complexité des affaires de corruption nécessite du temps pour que les enquêtes déboulent sur des charges probantes et des interpellations des délinquants présumés. Il s’agit aussi d’une question de moyens. Une réponse que le Bureau d’Ambohibao met fréquemment en avant, pour répondre à l’impatience de l’opinion publique.
Lassé par les constats d’abus de toutes sortes de la part de puissantes personnalités, dont certaines sont soupçonnées de baigner dans des affaires louches, l’opinion publique fustige souvent l’inac­tion du Bianco. Au regard des affaires publiées ces derniers temps, il semblerait que le Bureau anti-corruption traite les dossiers à son rythme, en particulier, les affaires sensibles.
Concernant le commerce illicite de bois de rose, notamment, outre le dossier ayant fait l’objet d’un déferrement hier, le Bianco a lancé un avis de recherche contre trois personnes la semaine dernière. Les enquêtes sont en train d’être finalisées. Il ne reste plus qu’à entendre les mis en cause respectifs dans ces deux dossiers. Il ne faudrait pas que ces affaires restent en stand-by, car certains de ceux considérés comme parmi les principaux responsables sont introuvables, avait été l’explication donnée.
Ces dossiers concerneraient des faits de corruption liés à l’exportation illicite d’importante quantité de nos ressources naturelles dans les régions Sava, Analanjirofo, courant 2014 et 2015. Certaines sources concèdent que ces trois individus sont recherchés dans le cadre de l’enquête relative aux bois de rose saisis à Mombasa. Une cargaison qui devait rejoindre Hong Kong, après un passage par le Zanzibar. Et d’une autre, concernant les trente mille rondins saisis à Singapour.
Jean Eddy Maminirina, Soilihi M’ze Zakaria et Laurencia Hantavololona sont ainsi activement recherchés. L’un d’eux serait parmi « les exportateurs » de bois précieux, et un autre le propriétaire. Ajouté au déferrement de Thu Nam, les filets de la Justice semblent commencer à happer les gros poissons.

Garry Fabrice Ranaivoson

5 commentaires

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  • Pour le moment, à mon avis, ces profils présumés « exportateurs et propriétaires » ne seraient que des intermédiaires.!
    Les vrais « gros poissons », à mon humble avis, ne se font pas de « mauvais sang » car ils se sentent « intouchables ».!
    A Snutile: ces bois « précieux » sont réputés IMPUTRESCIBLES.!

  • Pratique ces traffics de bois de rose, auxquels tout le monde croque en fait si je comprend bien. La preuve qu’il n’y a aucune volonté de stopper ce traffic, le bois saisi n’est pas brulé. Je sais, ce serait moche, mais il faut savoir ce qu’on veut. Tant que l’Etat accepte de revendre le bois saisi, il entretient la demande et cautionne le braconnage des forêts. Ou alors il faudrait des forêts bien gérées mais vu la pauvreté partout, c impossible ! En attendant cela permet de mettre en taule qui on veut, selon les besoins, si untel ou untel ne passe pas suffisamment à la caisse ? Ou bien si untel résiste pour ne pas céder assez de bois, les maffias le font « sauter » du système ? Un beau bordel? SI j’étais un parrain, je crois que infiltrer Bianco serait une priorité. Pourvu que ce ne soit pas déjà le cas.