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Transport – La traçabilité des passagers exigée

Des mesures prises au niveau des guichets des coopéra- tives feront barrage à la propagation des maladies.

La surveillance des épidémies, comme la peste, touche le domaine du transport en commun. Les passagers des lignes régionale et nationale seront surveillés.

Vous allez voyager vers une autre région via taxi-brousse? Préparez-vous à donner quelques informations sur vous au guichetier de la coopérative de transport qui se chargera de votre déplacement.
« Nous allons mettre en place un système pour suivre le déplacement d’un individu d’une région à une autre, avec le Bureau national de la gestion des risques et catastrophes (BNGRC). Cette mesure rentre dans le cadre de la prévention de l’épidémie de peste », souligne Vola Rajaofera, directeur général du Transport terrestre au sein du ministère des Transports et de la météorologie, hier.
Les passagers des coopératives de transport des zones régionale et nationale doivent ainsi, indiquer un minimum d’information sur leur état civil. Ils doivent également préciser leur numéro de téléphone et leur adresse, mais aussi, la personne et l’adresse de la personne à contacter, en cas d’accident. Selon une source, les véhicules de transport ne doivent quitter la gare routière, qu’une fois le « manifold », le carnet autocopiant, rempli et vérifié.

Epidémie
Beaucoup d’entre les transporteurs ne se sont pas encore soumis à cette directive. « Elle nous fait perdre du temps et peut nous coûter la perte de clients. Ce n’est pas tout le monde qui accepte de vous dévoiler leur identité. Et puis, nous avons déjà un « manifold » où nous inscrivons le prénom et le numéro de téléphone des passagers, à chaque départ », lance Thierry, chauffeur d’une coopérative assurant le transport vers Antsiranana. Selon la précision de cette source auprès du MTP, le BNGRC et son département préparent actuellement, l’amélioration de ce « manifold ».
L’an dernier, à la même période, deux personnes ont succombé à la peste pulmonaire dans la ville de Toamasina. Elles ont été assises à côté d’un pestiféré dans un taxi-brousse, lors d’un déplacement vers cette ville portuaire. Ce dernier, un malade provenant d’Ankazobe, qui allait rentrer chez sa famille, les a contaminés en chemin. Ce premier malade a perdu la vie à Moramanga, le 28 août. Au début, il n’était pas encore confirmé que ces trois hommes ont été victimes de la peste.
D’autres malades, déjà contaminés ont, ainsi, continué à utiliser le transport en commun pour se déplacer. Ce qui a rendu difficile la maîtrise de la maladie. Une épidémie de peste urbaine a été déclarée à Antananarivo et à Toamasina, en septembre. À la fin de l’épidémie, déclarée en novembre 2017, le bilan était lourd. Deux mille trois cent quatre-vingt cas de peste recensés dont mille huit cent vingt cas de peste pulmonaire. Deux cent deux personnes sont décédées. « Cette traçabilité va permettre de prévenir la propagation de la peste, et de toute autre maladie », soutient le Dr Manitra Rakotoarivony, directeur de la Promotion de la santé au sein du ministère de la Santé publique.