Editorial

Christianisme

Les coopératives de transport refusent de quitter le capharnaüm d’Ambodivona pour emménager à la nouvelle gare routière d’Ambohimanambola. D’autres coopératives reviennent à Fasan’ny Karana où la crasse et les passagers assimilent parfaitement le vivre ensemble, après un court séjour à la nouvelle gare routière d’Andohatapenaka.
À Mahamasina, jour de marché aujourd’hui, les marchands rognent de plus en plus la rue à peine suffisante pour le passage d’une voiture. À Analakely les marchands sont rois et sont désormais intouchables surtout a l’approche de la fête nationale. À Anosy, la propreté autour du lac et du jardin relooké n’a duré qu’un seul été. Les marchands, un moment dégagés sont revenus en masse pour accrocher friperies et pacotilles sur le grilles de clôture du parc.

Il est vrai, qu’aussi bien les nouvelles gares routières que le jardin d’Anosy, relèvent des initiatives du HVM, aujourd’hui recroquevillé. Il est bien évident que ce n’est pas une raison pour vandaliser les biens publics ou pour verser dans l’anarchie totale.

Partout, la discipline a disparu avec le début des manifestations sur le parvis de l’hôtel de ville. De peur d’être livrés au lynchage sur le parvis de l’hôtel de ville ou d’être extirpés là où ils se trouvent, les responsables ou les autorités ont préféré se terrer et laisser faire.

Comme la commune urbaine d’Antananarivo est partie prenante directe des manifestations organisées par les députés de l’opposition, elle a complètement délaissé ses devoirs d’assainissement, de nettoyage et d’entretien de la ville. Il n’y a aucun projet d’entretien des rues, lesquelles se trouvent dans un piteux état, à l’image de l’axe Petite Vitesse à peine carrossable, alors qu’avec la fin de la saison des pluies, c’est le moment propice pour entamer les travaux de réhabilitation.

La capitale s’appelerait Antananarchie, cela ne serait pas volé. La ville sombre de plus en plus dans la déliquescence. Le pouvoir de la rue est en train d’imposer l’indiscipline comme règle de conduite, de chloroformer toute volonté, d’étouffer toute prise de responsabilité.

Le nouveau Premier ministre arrive à point nommé et est certainement conscient de la tâche qui l’attend. Il a déclaré hier que des mesures peuvent être prises immédiatement sans attendre la mise en place du gouvernement. Eh oui, le redressement de la capitale fait partie des urgences et entre dans le cadre de la recherche de la paix sociale, une de ses quatre priorités.

Pour limiter le nombre de marchands, il faudra enrayer le mal à ses racines. La prolifération exponen­tielle des marchands, de textile en particulier, s’explique par la suppression des taxes douanières sur les friperies. Une mesure totalement incompréhensible pour un pays qui fait des pieds et des mains pour augmenter ses recettes douanières et fiscales. À moins que cette mesure réponde à une contrepartie de certaines faveurs comme l’Agoa. Le Rwanda a préféré promouvoir ses industries textiles plutôt que de bénéficier des avantages de l’Agoa en étant obligé d’importer des friperies américaines.

Il en va de même des produits chinois qui sont au marché ce que les jacinthes d’eau sont au marais Masay.

Il est temps que le pays vive enfin sous l’ère du vrai… christianisme.

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