Océan indien

La Réunion – Le microcrédit a le vent en poupe

L’Adie est le principal acteur du microcrédit professionnel à La Réunion.

Le microcrédit rencontre un franc succès à La Réunion. L’an dernier, mille sept cents microcrédits ont été accordés pour onze millions d’euros d’encours.

Filiale de la Banque de France, l’Institut d’émission des départements d’Outre-mer (Iedom) entend s’impliquer fortement dans le développement du microcrédit à La Réunion. Favo­risant l’inclusion financière, le microcrédit offre en effet la possibilité à des publics fragiles d’obtenir un prêt alors qu’ils n’auraient pas accès au crédit bancaire classique, sous forme de prêt à titre onéreux ou de prêt
d’honneur.
Peu connu, il y a encore quelques années, le microcrédit séduit désormais de plus en plus à La Réunion. De 4 millions d’euros d’encours en 2010, on est passé à 11 millions d’euros l’an dernier. Quelque mille sept cent prêts ont été accordés (contre à peine deux cent en deux mille) par les acteurs locaux du secteur que sont l’Adie, Initiative Réunion, France active, Creasol et Entrepreneurs de la Cité.

Engouement
En grande majorité, il bénéficie à des personnes exclues du marché du travail. Objectif : atteindre les 2 milliards d’euros d’encours sur la France entière d’ici 2020 (contre 1,5 milliard d’euros en 2007).
«Contrairement au droit au compte, le droit au prêt n’existe pas : le microcrédit remplit ce rôle. En 2015, 15 % des ménages réunionnais se sont auto-censurer dans la demande de prêt et 3,5 % ont fait face à un refus de prêt. À côté du microcrédit professionnel, il existe un microcrédit personnel qui permet aux bénéficiaires d’acheter une voiture ou de passer leur permis», explique Gilles Lesellier, directeur de l’Iedom Réunion depuis le 1er novembre 2018.
«À La Réunion, le microcrédit bénéficie aux demandeurs d’emploi et aux inactifs surtout : ils créent des entreprises dans les services, le transport ou dans la restauration. Le microcrédit personnel connaît aussi un vrai engouement : il croît de 25 % par an. L’an
dernier, sept cent cinquante ont été accordés», précise David Perrain, chargé d’études économiques.
Preuve que la formule fonctionne : le taux d’impayé est très faible (4,4 % selon l’Adie) et le taux de pérennité à 2 ans atteint 84 %. Depuis juillet 2018, le plafond de prêt a été relevé à 12 000 euros.

© JIR