Politique

Gouvernance – Ruée vers le poste de gouverneur

Les Chefs de région du précédent quinquennat pourraient avoir peu de chance d’être reconduits.

Les prétendants au poste de gouverneur de région seraient pléthoriques. Il n’y a pourtant que vingt-trois sièges à pouvoir.

Bousculade. Après les postes ministériels, c’est sur celui de gouverneur que les acteurs politiques jettent leur dévolu. Des plus connus aux néophytes, ceux qui ont soutenu Andry Rajoelina, président de la République, jouent des coudes pour siéger à la tête de l’Exécutif des régions.
La mise en place de gouverneurs à la tête des régions est une des innovations prévues dans le programme du chef de l’État. Un point qui est repris dans la lettre de la Politique générale de l’État (PGE). Après le poste de ministre, celui de gouverneur fait, visiblement, fantasmer plusieurs acteurs du microcosme politique. Il y a, notamment, ceux qui se voyaient ministres et qui se verraient bien en gouverneur de région comme lot de consolation.
Des parlementaires aimeraient bien, aussi, inscrire dans leur parcours politique un poste de chef de l’Exécutif d’une région. À côté des têtes connues et roublards de l’arène politique, des nouveaux venus s’engagent, également, dans la mêlée des prétendants aux poste de gouverneur de région. Ces derniers sont, pour la plupart, des personnes ayant pris une part active dans la campagne électorale du locataire d’Iavoloha, notamment, dans les régions.

Relais
Des indiscrétions affirment que des ténors du camp des Oranges auraient promis un retour d’ascenseur à ces derniers. Seulement, tout comme lors de la formation du gouvernement, le nombre de siège disponible est très limité. Comme l’a annoncé le Président de la République dans son discours d’investiture, à Maha­masina, le 19 janvier, il n’y aura que « vingt-trois gouverneurs », à la tête de « vingt-trois régions ».
La lettre de la PGE maintient les régions comme étant des Collectivités territoriales décentralisées (CTD). Leurs dirigeants devraient alors être élus, en principe. L’option privilégiée serait, toutefois, en surfant sur l’articulation des exceptions que « prévoiraient », les dispositions légales. À l’instar des chefs de région où faute d’élec­tion, l’exception qu’et la nomination est devenue la règle depuis l’institution des régions en tant que CTD.
Tandis que certains se bousculent juste pour figurer parmi les prétendants au poste, par ailleurs, les informations indiquent que les entretiens auraient déjà démarré bien avant la formation du gouvernement. Le statut, le pouvoir et les moyens qui devraient être mis à disposition des gouverneurs de région pourraient, effectivement, attiser « des vocations politiques ».
« La mise en place d’un gouvernorat de région a déjà été annoncée afin de rendre aux collectivités leur autonomie financière. Ainsi, le versement de leur budget directement dans leurs caisses, mais aussi 5 % des redevances liées à la production locale en matière de ressources minières ou autres sont préconisés. Avec son nouveau statut, chaque gouvernorat pourra, de manière autonome, élaborer des projets de développement répondant aux réalités de sa région, mobiliser des ressources supplémentaires (…) », prévoit la PGE.
Toujours selon ce document, cette autonomie devra permettre à chaque région « de rattraper son retard dans le développement en matière de santé, d’infrastructures, d’édu­cation et de développement économique, sociale et culturel ». Le président Rajoelina, mise­rait sur les gouverneurs pour être les relais de la mise en œuvre des déclinaisons régionales de son programme de développement.
Durant son investiture, il a même indiqué qu’il compte présider une réunion mensuelle avec les gouverneurs de région pour faire le point sur le travail fait. Tout comme pour la sélection des membres du gouvernement, il n’est alors, pas écarté qu’aux critères politiques soient conjuguée la technicité des gouverneurs. Être membre du camp Orange, ou avoir investi dans la campagne du Chef de l’État pourrait ne pas suffire. Comme le pouvoir veut afficher un visage d’exemplarité, la probité et une bonne réputation pourraient, aussi, être déterminantes.

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