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Iavoloha – Vœux sur fond de tension électorale

Rivo Rakotovao, prononcera son premier et dernier discours en tant que Président par intérim.

La cérémonie de présentation des vœux d’aujourd’hui aura une saveur particulière. Présidée par un Chef d’État par intérim, elle se déroule dans une conjoncture postélectorale houleuse.

Insolite. La cérémonie de présentation des vœux des corps constitués et du corps diplomatique se tiendra, aujourd’hui, au palais d’État d’Iavoloha. Le contexte et la conjoncture dans laquelle se tient l’événement de ce jour pourrait le rendre, particulièrement, intéressant. Une première dans l’histoire du pays, pareille cérémonie sera présidée par un Président de la République par intérim.
Ce schéma découle d’un scénario constitutionnel où le Chef d’État en exercice devait démissionner pour cause de candidature à l’élection présidentielle. À entendre son discours durant un événement, à Iavoloha, vendredi, et lors de son discours de vœux à la nation, le 31 décembre, Rivo Rakoto­vao, président par intérim, pourrait profiter de son allocution pour défendre le bilan du quinquennat.
Le locataire du palais d’État d’Ambohitsirohitra, pourrait, également, aborder la situation postélectorale. Une projection sur les défis du Président de la République nouvellement élu pourrait, aussi, figurer dans les lignes du discours du Chef d’État par intérim. Un cas singulier, par ailleurs, est que la cérémonie de ce jour se tient dans une ambiance postélectorale houleuse.

Seront-ils présents ?
Andry Rajoelina, président de la Transition, à l’époque, avait, aussi, conduit une cérémonie de présentation des vœux dans un contexte postélectorale, en 2013. La finale de la présidentielle opposait un candidat soutenu par les tenants du pouvoir et celui de l’opposition. Cette fois-ci, toutefois, les deux candidats finalistes sont deux candidats issus de deux camps considérés comme adversaires politiques des dépositaires de l’administration.
Les disputes postélectorales, en principe, ne concernent donc, pas directement la présidence de la Répu­blique. L’un des protagonistes demande, pourtant, au Chef d’Etat par intérim de trancher sur le sujet et de préférence en sa faveur. Dans son discours au personnel de la présidence de la République, vendredi, Rivo Rakotovao a martelé son « impartialité ». Un exercice difficile, toutefois, notamment, vu le contexte du moment.
« (…) le détournement du choix du peuple quel qu’en soient les moyens est un rejet des principes républicains », a déclaré le président Rakotovao, dans ses vœux à la nation le 31 décembre. Une phrase en référence, vraisemblablement, aux suspicions d’irrégularités et de fraudes, pas au goût de certains. Le fait qu’il ait ajouté qu’il faut que chaque camp apprenne à gagner ou à perdre et que cette année, le pays aura un nouveau Président de la République, semblait inaudible.
Vu les conditions actuelles, le moindre mot pourrait égratigner les sensibilités et susceptibilités. À la veille de la proclamation des résultats définitifs du deuxième tour de la course à la magistrature suprême, chaque mot du Chef de l’État par intérim sur la conjoncture postélectorale pourrait être scruté. La présence ou non des anciens Présidents sera, du reste, l’une des principaux points d’intrigue de la cérémonie d’aujourd’hui.
La présence des anciens Chefs d’État à pareil événement semble être déterminée par leur humeur du moment. Les anciens Présidents, candidats à la présidentielle seront-ils de la partie ? Une question qui concerne, notamment, les Hery Rajaonari­mam­pianina, Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana.
Des membres du camp Rajoelina estiment, pourtant, que le Chef d’État par intérim ne serait pas habilité à présider pareille cérémonie. Le camp Ravalo­manana compte maintenir la mobilisation de ses partisans à Analakely. Reste à voir si les chefs de file des deux écuries finalistes de la présidentielle feront le déplacement, à Iavoloha.
Pour la première fois depuis la tentative de réconciliation nationale, ces trois personnalités partageront une même table si elles sont présentes. Ce sera un fairplay politique, au lendemain d’une joute électorale musclée, jamais vue dans le pays. Une conclusion en apothéose d’un quinquennat post-crise et de démarrer sur de bonnes bases, le prochain qui est censé être la confirmation et renforcer les acquis démocratiques.

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  • Depuis l’année 2002 jusqu’à ce jour Marc RAVALOMANANA toujours le grand problème et blocage pour le développement du pays a cause de son égoisme. Il insiste toujours d’être favori mais la réalité est sctrictement contraire de son vision