Notes du passé

Un personnel malgache de qualité à la Poste

La Poste d’Antaninarenina en pleine construction.

Le gouvernement royal met en 1887, à la disposition du résident général, vingt cinq élèves télégraphistes. Ils s’initient rapidement à la manipulation de l’appareil morse, sous la conduite d’instructeurs métropolitains. «Ce noyau devint vite insuffisant et l’accroissement du trafic obligea à faire appel au concours de militaires et d’auxiliaires, ces derniers recrutés par examen» (Édition spéciale de la Revue de Mada­gascar, 1950).
L’ampleur des opérations fait ressortir la nécessité d’un personnel spécialisé plus nombreux et l’arrêté du 20 novembre 1897 organise le cadre local des PTT de Madagascar.
Parallèlement, un arrêté du 11 avril 1898 crée un cadre autochtone qui comprend des télégraphistes, des facteurs et des aides-surveillants. Les premiers sont recrutés par voie de concours et tous sont soumis à un stage de formation professionnelle avant d’être titularisés. Dix neuf candidats sont reçus au concours de 1902. Le cadre des mécaniciens, constitué en 1904, permet de former dans les ateliers des PTT, d’excellents spécialistes.
Afin de favoriser une large participation des agents malgaches à l’exécution du service, ils sont admis en 1911, «à émettre et à payer des mandats», puis en 1920, «à gérer les bureaux à service complet». «Le caractère industriel et technique des PTT, plus accentué au fur et à mesure du développement du service, fit apparaitre la nécessité de préparer à leur métier, dès avant leur entrée dans l’Administration, les Malgaches déjà possesseurs d’un bagage appréciable de connaissances générales. » Un arrêté, en date du 2 mars 1922, crée une section postale à l’École Le Myre de Vilers d’où viennent depuis, «à de rares exceptions près», les receveurs et commis du cadre spécial.
Ces dispositions joints aux résultats d’une formation professionnelle menée activement par des agents européens, permettent d’obtenir «des cadres malgaches homogènes, d’un rendement excellent et riches en éléments capables». Des autochtones sont souvent à la tête d’importants bureaux.
La direction des Postes et télécommunications donne les effectifs de son personnel jusqu’en 1949, chiffres qui témoignent de l’extension du service et qui prouvent aussi que le personnel malgache, très amélioré en qualité, contribue pour une large part à l’exploitation. On dénombre ainsi sept Européens et vingt-sept télégraphistes en 1887, cent soixante et onze Européens et soixante trois télégraphistes en 1903, cent trente-six Européens et six cent quatre vingt-dix huit Malgaches en 1924, deux cent quatre Européens et mille trois cent trente-neuf Malgaches en 1949.
De même, le réseau postal évolue progressivement et les courriers terrestres ont, en 1950, 15 090 km répartis en 855 km de chemins de fer, 395 km de voies fluviales, 4 478 de transport routier et 9 362 porteurs humains. Mais partout où l’ouverture de routes et de pistes le permet, l’automobile remplace le porteur.
À ces moyens s’ajoutent les navires et surtout les avions. D’abord militaire, l’aviation postale est confiée en 1936, au service de l’Aéronautique civile, puis en 1945 à la compagnie Air France. Elle se développe avec une telle rapidité qu’elle assure en 1950, le transport de la grande majorité des correspondances. «Seuls les objets lourds restent aux lents moyens de surface ».
Avec l’étranger, Madagascar échange chaque mois par avion, 1 300 kg de courrier grâce au service hebdomadaire Paris-Tunis-Le Caire- Khartoum-Nairobi-Dar es Salam-Tananarive-La Réunion et retour, et au service mensuel Tananarive-Mozambique. Dans l’intérieur, le poids du courrier par voie aérienne atteint 12 000 kg par mois et treize lignes desservent directement trente deux bureaux. Le nombre d’objets échangés par la Poste ne cesse de croître: 5 087 000 en 1924, 11 410 000 en 1938, 17 079 000 en 1948.
Les services assurés dans les bureaux sont les dépôts, expéditions, réceptions et livraisons des objets ordinaires, recommandés ou avec valeur déclarée; les colis postaux; les objets contre remboursement; les valeurs à recouvrer; les mandats-postes et mandats télégraphiques ; les chèques postaux ; la Caisse d’Épargne; la télégraphie officielle et privée; le téléphone.
En bien des endroits, les locaux de service sont devenus insuffisants. «Ils seront agrandis ou remplacés par d’autres plus vastes à la faveur de la réalisation du Plan d’équipement».

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