Océan indien

La Réunion – Le Port retrouve le calme

Plusieurs véhicules des Douanes ont été incendiés.

Des véhicules ont été incendiés et des dégradations de locaux ont été perpétrées. Six personnes ont été interpellées.

L’activité économique a repris un semblant de normalité mardi matin au Port. Depuis lundi après-midi et jusqu’au début de soirée, les forces de l’ordre ont affronté des manifestants à coup de grenades lacrymogènes et assourdissantes ainsi que des balles en caoutchouc de style gomme cogne. Les affrontements ont essentiellement eu lieu le long de la nationale 4A, qui fait la jonction entre le Mc Donald et le rond-point du Port Est. Les manifestants ont jeté des cailloux sur les gendarmes mobiles puis ont utilisé des feux d’artifice à la tombée de la nuit.
Les affrontements ont été filmés et diffusés en direct sur Facebook, soit par des personnes qui participaient aux opérations soit par des Portois qui habitaient juste à côté. On pouvait y distinguer plusieurs départs de feu dans des entreprises. «On a craint le pire», confie une employée d’une société dont les locaux étaient situés au milieu des deux camps.
Au final, le bilan des dégradations est plutôt limité au regard de l’âpreté des affrontements. L’hôtel des Douanes est le plus touché avec trois voitures brûlées dont deux totalement calcinées. Il est resté fermé au public avant-hier et faisait tout pour être en mesure de rouvrir hier.

Dégradations
Juste à côté, c’est l’entre­prise Ship Li Wai Yeung, spécialisée dans l’avitaillement des navires, qui a été touchée. Comme pour les Douanes, des casseurs ont pénétré dans la cour de l’entreprise. Un camion a été entièrement brûlé. Le local situé à l’étage a également été dégradé. «J’ai eu la peur de ma vie, témoigne la propriétaire de l’entreprise. Les pompiers ne pouvaient pas venir, car ils étaient bloqués par les gilets jaunes. J’ai alors voulu venir pour éteindre le feu moi-même, mais j’ai aussi été bloquée». Avant le début du mouvement, il y a quinze jours,
l’entreprise était partie pour «réaliser un mois historique».
Une autre entreprise a fait les frais des affrontements. La boutique de la station Total, située en retrait des principaux heurts, a été pillée.
Les forces de l’ordre ont procédé à l’interpellation de six personnes durant toute la durée des heurts. L’une d’entre-elles a été relâchée et deux sont mises en cause pour l’incendie des véhicules. `

© JIR