Océan indien

Maurice – Le discours pour les minorités s’intensifie

Vue de Port-Louis, la capitale de l'île Maurice.

Une voix autorisée de l’Eglise remet en question le statut minoritaire des créoles. Elle estime que ce groupe ethnique est sous-représenté, voire « discriminé ».

Depuis que le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale a critiqué Maurice pour son manque d’engagement en matière d’égalité des chances pour tous, l’Église fait entendre sa voix pour réclamer une meilleure représentation des créoles dans les administrations.
Le père Maurice Labour, dont le franc-parler dérange, estime que « la minorité d’hier n’est plus la minorité d’aujourd’hui ». Une façon de dire que la communauté hindoue n’est plus si majoritaire et qu’elle doit céder des parts. Après lui, c’est au tour du cardinal Maurice Piat, une voix respectée dans l’île, de prendre position.
Sur le site internet de l’Église, il écrit que « la discrimination ethnique dans les administrations publiques et paraétatiques existe, mais c’est une discrimination qui est très difficile à prouver parce qu’elle prend soin de ne jamais laisser de trace écrite. Elle prend des formes déguisées qui ont pour but de décourager des
personnes de certaines communautés à rester dans les emplois, écoles, administrations où elles ont été employées ou admises légalement. »
Le cardinal Maurice Piat, appelle alors à un recensement ethnique de la population qui « pourrait aider à vérifier qu’il y a, dans des lieux sensibles comme les hôpitaux, la police, les écoles, les prisons, des personnes de communautés diverses pour sécuriser tout le monde. »

© RFI