Editorial

Senat…rio

On s’attendait à ce que le Sénat allait jouer le rôle de dernier rempart à la démocratie, de balise contre le pouvoir absolu. Eh bien non, le Sénat s’est rangé du côté du vainqueur, votant les yeux fermés et à l’unanimité des sénateurs présents, la loi autorisant le président de la République à légiférer par ordonnance et les lois organiques modifiant les modalités des élections législatives. Aussi bien les sénateurs élus que ceux désignés par l’ancien président de la République n’ont proposé le moindre amendement encore moins contesté les projets de loi. À l’image de l’Assemblee nationale où ceux qui ont voté les mêmes lois à l’issue d’une mise au vert au Paon d’Or , ont voté leur changement, les sénateurs n’ont eu le moindre scrupule pour se dédire. Ceux qui ont été les plus fervents défenseurs de Rajaonarimampianina se trouvent aux premières loges pour louer l’excellence du Programme général de l’État présenté par le Premier ministre Christian Ntsay.
À Tsimbazaza comme à Anosy, on suit bien la météo politique et le sens du vent. Au grand dam des électeurs, éternels dindons de la farce se perdant en conjectures. Eh oui, ils ont beau élire des indépendants, des apolitiques dans les deux chambres, ils finissent tous
par se prostituer.
On reprend les mêmes et on va recommencer d’ici trois mois. À Tsimbazaza, il y a des députés qui sont là depuis vingt ans, changeant de casaque à chaque mandat. Ils ont commencé par l’Arema puis le Tim, le Mapar, le HVM et s’apprêtent à briguer un nouveau mandat sous les couleurs de l’écurie gagnante avec les mêmes convictions qui sont surtout alimentaires. On peut gager que le changement apporté aux lois organiques relatives aux législatives n’apportera pas de grand changement à la composition des deux chambres. On retrouvera le même niveau de débat où les fantassins dominent les échanges.
Il faut en finir avec ce scénario scabreux et révoltant sous prétexte d’une exigence démocratique. Le pays ne perd rien si le Parlement n’existe pas. Dans sa forme actuelle, il ne sert pas à grand-chose pour le développement. Il faut attendre l’avènement de partis politiques structurés et des politiciens responsables et animés d’une vision du développement pour espérer avoir un Parlement digne de son nom et à même de jouer son rôle de contrepoids du pouvoir et de censeur du gouvernement. Autrement dit, plusieurs républiques.

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