Notes du passé

Les débuts archaïques du service postal dans la Grande île

La carte des communications télégraphiques en 1903.

Le besoin de correspondre, doit se manifester à Madagascar, dès la formation des premiers groupes ethniques. Faute de renseignements exacts, il est difficile de retracer l’évolution qui aboutit au système des «Mpiandry taratasy» ou «porteurs de messages ».
Mais, lit-on dans un numéro spécial de la Revue de Madagascar (1950), «il est probable que cette institution n’a dû acquérir la forme d’un service organisé qu’à l’issue des luttes qui ont précédé l’instauration d’un pouvoir unique en Emyrne. Le pouvoir central est, en effet, dans la nécessité d’entretenir des rapports suivis avec ses armées en campagnes, ses délégués en province, et les représentants des puissances européennes alors fixés sur le littoral ».
En 1790, Andrianampoinimerina voit dans cette institution un moyen facile et sûr de renforcer l’action de son gouvernement. «Aussi plaça-t-il sous son autorité directe les messagers de profession, épars jusque-là.» Son fils et successeur, Radama Ier, crée en 1810, du fait des mêmes préoccupations politiques, un corps spécial de messagers royaux, qu’il baptise «Tsimandoamamy». Il en répartit l’effectif en de nombreux relais dans la direction de Toamasina, Maevatanàna et Fianarantsoa.
Les Tsimandoa sont exempts de tout autre service ou corvée. Ils bénéficient de tout concours des autorités qui leur offrent des dons et pourvoient gratuitement à tous leurs besoins. « Fiers de leur mission et du prestige qui s’y attachait, ils réalisaient des performances remarquables pour un pays dépourvu de voies de communication. C’est ainsi que le parcours d’Antananarivo à Fianarantsoa, distantes alors de 360 km, était couvert en soixante cinq heures grâce à une trentaine de relais. »
Cette institution étant conçue dans un but politique, le gouvernement royal ne l’a jamais mis à la disposition des particuliers. Mais pour soustraire leurs nationaux aux inconvénients d’une situation que le gouvernement hova entend perpétuer, la France et l’Angleterre instituent un service périodique de courriers entre Antananarivo et la côte. À l’arrivée des paquebots d’Europe, les consuls de chacune des deux puissances groupent le courrier et
les confient aux porteurs qui rejoignent la capitale.
Après le traité du 17 décembre 1885, l’Administration française accomplit de grands efforts et obtient la faveur du public. En septembre 1888, un office postal est créé à la Résidence générale à Antananarivo.
Aux bureaux installés dans les anciennes possessions françaises d’Antsiranana, Nosy Be et Sainte-Marie, viennent s’ajouter les établissements de Mahajanga, Vatomandry, Andevoranto, Mahanoro, Mananjary, Fianarantsoa, Maroantsetra et Vohémar.
Mais faute d’agents techniques, «le service y était assuré par des commerçants français ou des représentants de la douane malgache ».
À partir de 1822 également, le bureau de Toamasina est rattaché à l’office de La Réunion. De Diego-Suarez partent des courriers qui desservent Sakaramy, la Montagne d’Ambre, Vohémar et, par les navires, les ports de la côte Ouest. Antananarivo est reliée sept fois par mois à Toamasina, une fois par mois à Maevatanàna et Mahajanga, deux fois à Ambositra, Fianarantsoa et Mananjary.
Toamasina dessert trois fois par mois Vatomandry, Mahanoro et Mananjary, deux fois Mahambo, Foulpointe et Fenoarivo-atsinanana.
Les bateaux assurent les réexpéditions vers les autres ports de la côte Est. « La régularité et la sécurité du service français s’établissent définitivement. »
En 1822, le service des mandats est créé. La Poste prend alors une extension considérable. Elle devient «l’auxiliaire influente et pacifique de la pénétration», en favorisant avec l’association des intérêts, les échanges d’idées et de
produits. «Les résultats acquis ne furent pas compromis par les troupes de 1895. »
À la faveur de la pacification, le service reprend son développement et étend son activité, non seulement à la branche postale, mais aussi au télégraphe, puis au téléphone, et enfin à la radio. «Le chemin parcouru avec la situation en fin du dernier siècle, donne une exacte mesure de l’évolution progressive de Madagascar sous l’égide de la France. »

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