Economie

Monnaie – Les surliquidités conduiront à l’inflation

Le gouverneur suggère un meilleur contrôle des liquidités destinées à financer les campagnes électorales.

La Banky Foiben’i Madagasikara entend suivre avec attention l’évolution de certaines variables déterminant les facteurs inflationnistes.

L’inflation pointe son nez. Du moins, elle est presque inévitable. Le comité monétaire de la Banky Foiben’i Mada­gasikara (BFM) a déclaré vendredi que les excès de liquidité détenus par le secteur non bancaire constituent des menaces sur l’inflation. « Les surliquidités hors circuit bancaire sont à un niveau de plus en plus important. La prolifération des liquides en circulation en cette période électorale et de propagande est l’une des variables conduisant à l’inflation. Les liquides se trouvent déjà actuellement entre les mains des consommateurs. Si celles-ci passent par les circuits bancaires normaux, la Banque centrale aurait le pouvoir de les retirer », explique Alain Rasolofondrainibe gouverneur de la BFM. La réponse au comment du circuit d’entrée de ces liquidités dans le pays est restée quelque peu échappatoire. « Vérifier chaque retrait des détenteurs de compte, sociétés, ong ou autres personnes morales, ni sur l’utilisation finale de l’argent retiré, ne sont pas du ressort de la BFM. C’est à la Ceni de vérifier et de contrôler le financement des propagandes », souligne encore le gouverneur.

Maintien
Par ailleurs, la saisonnalité, c’est à dire le dernier trimestre de chaque année implique comme toujours une inflation en raison de la période des fêtes où le prix du riz, par exemple, accuse une certaine hausse. Le prix mondial du pétrole pourrait accélérer l’inflation au cours des prochains mois.
Toutefois, il a été précisé que le taux d’inflation est redescendu à 7.3% en août 2018 contre 8.2% à la même période de l’année dernière. « Et l’objectif de 5% n’est pas loin » affirme encore le
gouverneur. Cette revue semestrielle de la politique monétaire de la Banque centrale de Madagascar a été l’opportunité de marquer que le niveau actuel du taux directeur de 9.5% et celui du coefficient des réserves obligatoires à 13%, sont maintenus. Le niveau des réserves de la BFM est en légère augmentation au cours des neuf premiers mois de cette année. 1099,6 millions de DTS contre 1085,9 millions de DTS en fin décembre 2017, soit l’équivalent de quatre mois d’importation à la fin du mois de septembre 2018.
Les recettes provenant de la filière vanille représentent 413 millions de dollars malgré une diminution de 19%. Toutefois, il a été rapporté hier que « le solde de la balance de paiement s’est creusé ». Il a été déficitaire de 11 millions de DTS au cours des neuf premiers
mois s’il avait été excédentaire de 16, 5 millions de DTS au cours de la même période en 2017.