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Thèse de doctorat – Zinaha Raharinirina redéfinit l’ethnicité

Zinaha A. Raharinirina a présenté la première thèse en Anthropologie de la communication.

Une thèse de doctorat en Sciences de l’Information et de la Communication redéfinissant l’Ethnicité a été soutenue à l’Université d’Antananarivo. La première à Madagascar.

Dix ans de recherche. Zinaha Akosoan-johany Raharinirina, la trentaine à peine, a tenu son pari de réaliser et de réussir des recherches approfondies en Anthropologie de la communication. Cette soutenance publique en Sciences Humaines et Sociales intitulée « Comprendre et redéfinir l’ethnicité dans et par la complexité des décisions individuelles et familiales, relatives à la scolarisation et aux choix des soins », a été inspirée du constat de l’impétrant, de l’importance d’interroger sur terrain des décisions des individus par une approche pragmatique et communicationnelle, et de produire des concepts à jour et issus de contextes locaux. Ceci, afin de présenter d’autres aspects « innovés » et « innovants » de l’ethnicité pour ensuite théoriser celle-ci en contexte malgache, et pour le contexte malgache. « L’ethnicité est construction sociale et communicationnelle. C’est une approche de la diversité des personnes dans le vivre ensemble et dans les situations interculturelles, et qui dépasse les seules assignations de l’individu au groupe ethnique ou au « foko » mais qui intègre celles-ci dans une approche constructiviste qui comprend l’ethnicité comme sentiment construit », a expliqué Zinaha A. Raharinirina.

Dépassement
Les dix-huit ethnies « des approches colonialistes » déconstruites dans les recherches sont ainsi dépassées par les contextes et les réalités au quotidien. « Le nombre des ethnies n’est pas important. C’est la relation des individus avec son groupe, et surtout les procédés de développement nés de ces relations qui déterminent les différentes formes de décision », a constaté, le
désormais docteur en Anthropologie de la communication. « Ne pas et ne plus avoir peur de l’ethnicité car elle fait partie de ce qui nous construit et de ce que nous construisons. Elle ne constitue pas ainsi un danger pour la nation ». C’est en somme les points essentiels des résultats obtenus des terrains observés. Le chercheur a présenté deux cas, celui de la scolarisation des migrants Betsileo d’Imady, et de la santé de la mère et de l’enfant en milieu urbain. Les enjeux mis en évidence étant le « vivre ensemble, l’adaptation des projets de société aux réalités ainsi que la construction commune dans la diversité ». L’Ethnicité s’ouvre encore à plusieurs autres domaines, tels le Journalisme ou encore d’autres « travaux » locaux, destinés aux Malgaches. La thèse a été dirigée par la professeure titulaire, Baholisoa Ralalaoerivony, l’actuelle doyenne du domaine des Arts, Lettres et sciences humaines, et co-dirigée par le professeur émérite, Jacques Ralainony Ramambazafy.
Zinaha Akosoanjohany Raharinirina, a obtenu la mention « Très honorable avec félicitations du Jury ». Une soutenance riche et très appréciée durant la présentation et les questions du Jury, et qui a duré en tout, près de quatre heures, à l’université d’Antananarivo. Le Jury a été présidé par le professeur Jeannot Fils Ranaivoson, le professeur Andrianaivoari­vony Rafolo, le rapporteur interne et le professeur Claire Rasoma­lavao de l’université de Fianarantsoa, en externe. Les examinateurs sont les professeurs titulaires Eugène Mangalaza de l’université de Toamasina et Jean de Dieu Marie Rakotomanga.
Cette thèse constitue une grande fierté pour le domaine des Arts, Lettres et Sciences humaines de l’Université d’Antananarivo, car c’est, pour l’heure, l’unique recherche dans cette option incluse dans la spécialité des Sciences de l’Information de la communication de ce département des Lettres et Sciences humaines.