L'Express de Madagascar

Coalition – Haro sur le calendrier électoral

L’ancien Président Didier Ratsiraka serait à la tête de ce groupe de candidats contre la date du 7 novembre. 

À contre courant. Seize candidats plus Didier Ratsiraka se réunissent depuis vendredi à la résidence de ce dernier pour élaborer une convention afin de demander le report de la présidentielle.

Alliance. Pour peser afin de pouvoir court-circuiter le processus électoral en cours, des candidats à l’élection présidentielle sont en train de former une coalition. Au nombre de seize, ces prétendants à la magistrature suprême projettent de signer une convention en faveur du report du calendrier du scrutin.
Pour concocter cet acte, ces seize personnalités, pourtant, qualifiées pour participer au premier tour de la course à la conquête d’Iavo­loha, le 7 novembre, tiennent une réunion à la rési­dence de Didier Ratsiraka, ancien président de la République, à Faravohitra. Sous la houlette de l’amiral retraité qui est, aussi, candidat à l’élection présidentielle, la convention qui pourrait être signée, aujourd’hui, devrait servir de faire valoir pour plaider le report des élections devant la Haute Cour Constitu­tionnelle (HCC).
« En cas de décès d’un candidat avant un tour de scrutin, ou s’il survient un autre cas de forces majeure dûment constaté par la Haute cour constitutionnelle, l’élection est reportée à une nouvelle date dans les conditions et selon les modalités qui seront définies par une loi organique », prévoit la Loi fondamentale. Un juriste réplique, cependant qu’une convention ne peut pas constituer un cas de force majeur pouvant mener au report des élections.
Sous la houlette de l’ancien président Ratsiraka, les seize prétendants à briguer le siège d’Iavoloha semblent, toutefois, miser sur leur statut de candidats qualifiés pour le premier tour afin de légitimer leur démarche.

Sur quels motifs ?
L’ancien chef d’État dont les plaidoyers et manœu­vres pour la mise en place d’une Transition afin de remettre à plat le système politique avant toute élection se sont, jusqu’ici, soldés par des échecs.
Peu d’informations ne filtrent sur les motifs que ces personnalités comptent inscrire dans leur convention pour convaincre la HCC de se prononcer pour un cas de force majeure. Le fait que le calendrier actuel ne serait pas conforme aux dispositions de la loi organique sur le régime général des élections et des référendums serait un point soulevé. « Le scrutin doit se tenir durant la saison sèche de l’année, entre le 31 mai et le 30 novembre sauf cas de force majeure », prévoit ce texte.
Le deuxième tour de la présidentielle, est prévu le 19 décembre, soit en pleine saison des pluies. Dans sa décision du 25 mai, relative à la requête en déchéance du président de la Répu­blique, la HCC a recommandé que le gouvernement de consensus arrête avec la CENI, « l’organisation d’une anticipée durant la saison sèche au cours de cette année 2018 ». La Cour ajoute, toutefois, que cela est « sous réserve des possibilités techniques, matérielles et financières réelles assurant des élections libres, honnêtes et transparentes ».
Dans sa décision sur la liste des candidats qualifiés pour le premier tour de la présidentielle, la HCC précise que ce sera pour le 7 novembre. Les ligues des candidats contre le calendrier électoral, selon des indiscrétions, pourraient, aussi, soulever la conjoncture houleuse de cette précampagne qui pourrait mettre en péril la crédibilité du scrutin et d’une issue acceptée par tous.
Les inquiétudes sur la fiabilité de la CENI et l’impartialité de la Cour constitutionnelle, pourraient, aussi, être des arguments soulevés par la coalition des seize.
En face de ces seize candidats, un courant politique, le camp du candidat Andry Rajoelina, notamment, défend bec et ongles le maintien du processus en cours suivant le calendrier adopté par le gouvernement. Dans ses discours officiels, le camp présidentiel affirme, aussi, s’en tenir aux dates du 7 novembre et 19 décembre adopté par le gouvernement.
La Communauté internationale, elle aussi, s’en tient à ce calendrier, auquel se réfère le chronogramme des préparatifs élaboré par la CENI et confirmé par la HCC dans sa décision sur la liste des candidats au premier tour.