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MEN Anosy – Les grévistes «séquestrent» Horace Gatien

Hué et chahuté, le ministre Horace Gatien a enduré les provocations des grévistes, hier.

Une horde de grévistes a déferlé sur le ministère de l’Éducation hier, contraignant le ministre à se retrancher. De leur côté, les manifestants ont verrouillé le ministère.

Corde raide entre les enseignants grévistes et le ministre de l’Éducation nationale. Dans  la matinée d’hier aux alentours de 10 h30, une horde de manifestants prêts à en découdre se sont abattus sur le Ministère de l’Éducation Nationale (MEN) à Anosy, pour s’attaquer ouvertement au nouveau ministre Horace Gatien.
Celui-ci était sur le point de sortir du ministère à bord de son véhicule de fonction, un tout-terrain de marque Nissan Patrol, lorsque les grévistes ont envahi le parking, fermé le portail et encerclé son véhicule.
Imposant leur loi, les manifestants ont hué et proféré de virulentes invectives verbales à l’endroit du numéro 1 du MEN. Confronté à cette situation désobligeante, celui-ci a descendu la vitre pour essayer de tempérer les plus incisifs pour finalement renoncer après que sa tentative a été étouffée dans un discours de sourds.
«Comment voulez-vous que je plaide en votre faveur, si vous m’empêchez de sortir d’ici pour défendre votre cause», s’est désolé Horace Gatien dans le désarroi, tout en restant assis dans son fauteuil. Le bras de fer a duré environ cinq minutes. Ne sachant plus à quel saint se vouer, l’homme fort du MEN a préféré se replier en sortant de sa Nissan Patrol, pour remonter dans son bureau, escorté de ses gardes du corps, et tenter de prendre une autre sortie.
Entre-temps, les manifestants bien décidés de l’empêcher de quitter les lieux, ont réorganisé leurs rangs pour surveiller toutes les issues possibles et s’y ruer au moindre mouvement du ministre, visiblement tenu à l’oeil par ses détracteurs.

Soutien occulte
L’enceinte du MEN était le théâtre d’une guerre d’usure frisant la guérilla.
Bénéficiant d’un soutien manifeste bien qu’occulte, les grévistes avaient une sonorisation mobile montée sur un 4×4 de marque Toyota Land Cruiser, qu’ils ont fait entrer avant l’ouverture des hostilités.
Ils fourmillaient tous azimuts dans le parking, en arrachant aux gardiens le contrôle de tous les portails.
Les ordres donnés par l’un des meneurs, qui s’est exprimé au micro de la sonorisation mobile garée sur le parking et bien en évidence devant l’accès principal, sont clairs. «Ne laissez pas entrer les forces de l’ordre. Quant au ministre qui a décidé de fuir et de détaler à pied, ce geste relève d’une irresponsabilité et équivaut, pour nous, à une démission», argue-t-il.
Dans ce branle-bas de combat, des gendarmes prépositionnés devant la bibliothèque nationale sont finalement intervenus. Des unités sont venues à la rescousse à bord de deux pick-up, sans pour autant réussir à venir à bout des agissements des manifestants, toujours aussi provocateurs.
Le dispositif a été démonté lorsque la cohue de grévistes, las d’entendre dans le vent a finalement décidé de disperser leurs rangs de leur propre gré. Un vent d’accalmie souffle au MEN après leur passage. L’atmosphère n’en demeure pas moins délétère.
La pomme de discorde, 100 000 ariary à ajouter à la paie de tous les enseignants fonctionnaires, une demande que l’État ne semble pas en mesure de satisfaire.

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