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Antsiranana – Les enseignants de l’IST-D en grève

Les cours sont toujours suspendus à l’IST-D d’Antsiranana.

Les activités pédagogiques à l’Institut supérieur de technologie d’Antsiranana (IST –D) sont de nouveau suspendues à cause d’une grève menée par les enseignants permanents et vacataires de l’établissement. Il s’agit de la deuxième grève en une année académique.
Toute activité pédagogique est interrompue depuis décembre dernier car les grévistes ont, d’abord, revendiqué le paiement des vacations relatives aux concours d’entrée 2018-2019 à l’IST –D. Une revendication qui avait conditionné leur participation à la sortie de promotion du 7 décembre 2018.
Ensuite, ces enseignants ont qualifié la décision de la direction générale de maintenir la rentrée officielle 2018-2019 comme un acte déloyal qui a induit en erreur les étudiants et leurs parents en faisant croire que les cours se déroulent normalement. « Suite à une situation tendue depuis mois d’avril, la direction générale s’est entêtée à débuter l’année académique avec quelques enseignants vacataires sans concertation avec les responsables pédagogiques », a souligné André Rakotonirina, délégué du personnel enseignant.
Sans avoir eu gain de cause, ils ont continué la grève, tout en affirmant que la reprise des activités pédagogiques sera conditionnée par la régularisation du paiement des heures complémentaires de 2017, des semestres impairs et pairs 2017-2018 ainsi que des indemnités de responsabilité. L’alignement de leurs salaires par rapport aux autres IST comme Ambositra et Antananarivo n’a pas été exclu. André Rakotonirina a aussi cité l’insuffisance de matériel pour les travaux pratiques, le manque de transparence, la non considération des collaborateurs et la rigidité du calendrier universitaire qui handicapent le bon fonctionnement de l’IST-D.
Actuellement, le ton est monté d’un cran après plusieurs rencontres infructueuses entre les deux parties.
Joint au téléphone, le directeur général de l’IST-D, Lova Zakariasy, a répondu que les grévistes ont raison concernant le retard de paiement des heures complémentaires et des vacations. Par contre, elle a tenu à préciser que les problèmes ne datent pas de 2018 et ne concernent pas seulement Antsiranana, mais tout Madagascar. Elle a également expliqué que la direction générale a déjà fait le nécessaire afin d’apporter des solutions à une partie des doléances des enseignants, mais les procédures administratives sont contraignantes.
En outre, Lova Zakariasy a expliqué que depuis l’entrée en vigueur du programme FEC du FMI, en 2015, les subventions gouvernementales arrivent au compte- goutte, restriction budgétaire oblige. « Avec notre budget réduit, nous n’avons plus la possibilité d’avancer les heures complémentaires qui s’élèvent à 100 millions d’ariary », a-t-elle continué.