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Épidémie de rougeole – Appel de détresse de la population

A Mahajanga, tout comme à Toamasina, les hôpitaux  se remplissent de victimes de la rougeole.

La rougeole a connu une nouvelle recrudescence, ces derniers jours. La population lance un appel de détresse.

Plusieurs personnes des quatre coins de l’île tirent la sonnette d’alarme face à la vulnérabilité de la prise en charge de la rougeole. Un appel de détresse est lancé face à l’insuffisance d’intrants, d’agents de santé, d’infrastructures de prise en charge, au coût de traitements. « Si on continue comme ça, et tant qu’il n’y a pas de mesures drastiques pour mettre fin à la transmission de cette maladie, beaucoup vont en mourir », interpelle un personnel de santé ayant gardé l’anonymat. A l’hôpital Analakininina à Toamasina, dix personnes sont suspectées d’avoir succombé à la maladie. à Mahajanga, le médecin inspecteur rapporte trois décès. à Ambato Boeny, des sources locales parlent d’une « centaine de décès », en brousse et dans la ville. A Antananarivo-ville, des cas de décès de rougeole sont aussi notifiés, sans chiffre exact. Il y aurait eu aussi des décès dans d’autres districts comme à Antsohihy, à Morondava.
« Le nombre d’agents de santé chargés de la prise en charge est insuffisant à Toamasina. Il est arrivé que des enfants inconscients, asphyxiés, et qui font des convulsions ne sont pas reçus directement, à cause du manque de personnel. Je fais appel aux responsables pour appuyer les agents de santé, ils sont très débordés », lance la mère d’une victime de la rougeole, hospitalisée à Toamasina, hier. Dans cette ville portuaire, on évoque l’insuffisance des intrants pour le traitement. « Nous manquons de médicaments. La vitamine A, par exemple, on n’en trouve plus dans la ville », informe un responsable de l’hôpital à Analakinina. à Ambato Boeny où la maladie évolue à « grande vitesse », les autorités locales appellent à l’aide. « Apportez-nous beaucoup d’intrants. On a besoin d’au moins un conteneur de médicaments et de vaccins. Trouvez des solutions à l’insécurité dans la brousse, car les agents de santé refusent d’y rester », s’exprime une personne élue dans ce district.

Traitements coûteux
La gratuité des traitements est, par ailleurs, fortement souhaitée. « Nous avons dépensé au moins
100 000 ariary jusqu’à ce que notre enfant soit guéri. L’État doit étudier la gratuité des traitements ou, tout au moins, proposer le coût le plus bas, pour que tout le monde puisse se soigner », lance la mère d’une autre victime.
Beaucoup sont aussi à la recherche de vaccin contre cette maladie fortement contagieuse. « On n’en trouve pas dans les pharmacies. Tout le monde, et pas seulement les enfants, doit être vacciné pour mettre fin à cette maladie », sollicite Fanja Rahaga, habitant d’Antananarivo. L D’autres font appel à l’état pour punir les parents qui refusent de faire vacciner leurs enfants, lors de la campagne qui va s’effectuer à partir du 14 janvier. « C’est ce qui explique cette propagation de la maladie », lancent-ils.
Dix sept-mille quatre cent cas de rougeole sont notifiés jusqu’au 30 décembre, selon le ministère de la Santé publique. Si le nombre des nouveaux cas a connu une baisse, à la mi-décembre, des médecins affirment une recrudescence, depuis la semaine du 24 décembre.