L'Express de Madagascar

Anjanahary – Procès d’une exécution sommaire en 2011

Le procès suite à la mort d’un père de famille à Anjanahary IIO, abattu par des éléments de l’ancien Groupe d’intervention rapide (GIR), en 2011 est prévu se dérouler ce jeudi, au tribunal d’Anosy. Sept ans plus tard, le dossier Tafitamanana Lemitova, un rugbyman dans le quartier d’Anjanahary, est rouvert.

La famille du défunt est stupéfaite de cette suite à laquelle elle ne s’attendait plus car, la plainte contre X déposée à la Brigade criminelle en 2011 semblait être classée. Selon l’épouse du défunt, Bénédicte Ramanam­piharisoa, un riverain aurait demandé, il y a seulement quelques mois, l’aboutissement des démarches menées pour rendre justice à son mari. La personne aurait creusée le fond de cette affaire. C’était vendredi que le Tribunal Anosy a envoyé, par le biais d’un huissier de justice, une convocation à sa famille annonçant la tenue d’un procès sur cette exécution qui a fait couler beaucoup d’encre dans ce quartier populaire de la capitale.

Bavure
« Peut-être que c’est seulement maintenant que toutes les preuves sont réunies pour entamer le procès ou bien que la police aurait voulu que nous ne sachiions jamais qui était derrière l’assassinat de mon mari. On ne sait rien mais nous sommes convoqués et nous allons nous y présenter, dans l’espoir de gagner le procès. Je réitère que mon mari était innocent et ce qui s’était passé était de la pure bavure policière », martèle Bénédicte Ramanam­piharisoa, épouse du défunt.
Pour rappel, dans la soirée du 23 juin 2011, des éléments du GIR, en tenue civile ont débarqué de deux véhicules pick-up dans le quartier d’Anjanahary IIO. Ils ont intercepté tous les hommes présents dans un épi-bar, dont le rugbyman qu’ils ont amené dans une ruelle sombre non loin de la rue principale.
Quelques minutes après, tout le quartier a été surpris par plusieurs coups de feu. Informé sur ce qui s’est passé, le fils du défunt, âgé de
13 ans à l’époque avait tenté de téléphoner à son père et c’était la police qui lui avait répondu pour dire de récupérer la dépouille mortelle à la morgue de l’hôpital CHUJRA Ampefiloha. Le lendemain de l’enterrement, tout le quartier d’Anjanahary avait manifesté dans la rue pour réclamer justice pour ce père de deux enfants, en vain.