Chronique de Vanf Opinions

1817-2017 : au nom d’un traité bicentenaire

Le Traité de Paris du 30 mai 1814 amputa la France de l’île de France qui sera rebaptisée île Maurice par les Britanniques. Napoléon avait abdiqué une première fois le 6 avril 1814 et son «retour de l’île d’Elbe», consacré par les «Cent Jours» (21 mars au 22 juin 1815 ), ne changera plus rien aux destinées des possessions britanniques et françaises dans l’océan Indien. D’ailleurs, dès décembre 1810, les Britanniques s’étaient déjà emparé d’une île qui leur sera officiellement cédée en 1814.
Robert Townsend Farquhar (14 octobre 1776 – 16 mars 1830) successivement en poste à Madras (Inde, 1795), Amboine (actuelle Indonésie, 1796), Moluques (Indonésie, 1802), Penang (Indonésie, 1804-1805), avant de devenir Gouverneur de l’île Maurice (y arrivant le 4 décembre 1810), choisit de favoriser la montée en puissance du roi d’Imerina pour contrecarrer les visées françaises sur Madagascar (fin juin 1822, Rafaralahy, accompagné de James Hastie, s’empara de Foulpointe alors aux mains des Français ; en juin 1823, Radama, toujours accompagné de James Hastie, embarqua à Foulpointe à bord du navire britannique «Adriane» pour rejoindre la baie d’Antongil…).
Farquhar manda le Créole Froberville pour étudier Madagascar (les documents en sont conservés au British Museum). En 1816, Bibye Lesage (Londres 1780 – Port-Louis 1843) vint à Madagascar sur ses ordres. Un ancien Traitant, Chardenaux, fit également le voyage d’Antananarivo et revint à l’île Maurice avec les jeunes frères de Radama, les jumeaux Rahovy et Ratafika, qui débarquèrent à l’île Maurice, le 10 septembre 1816.
Le parlement de Grande-Bretagne avait adopté le 25 mars 1807 la loi sur l’abolition de l’esclavage. La grande oeuvre humanitaire de Farquhar, sur fond de réalisme politique sans concession, lui fit envoyer en Imerina l’autre grand artisan des relations britannico-malgaches. James Hastie (Irlande, 1786 – Antananarivo 1826), ancien sergent des armées britanniques avait été choisi comme précepteur des frères de Radama à l’île Maurice, sera promu principal agent du Gouverneur de Maurice auprès de Radama. Il quitta l’île
Maurice en juin 1817, ramenant à Madagascar les jumeaux Rahovy et Ratafika.
Le 9 juillet 1817, l’agent britannique Pye avait réussi à faire accepter à Radama un pacte de non-agression avec Jean-René, le Chef de Tamatave. Descendu jusqu’à Tamatave, Radama y prononcera son fameux «toa masina», «mais, elle est salée ! », après avoir goûté à l’eau de mer. C’est à Tamatave que James Hastie rencontra une première fois Radama, le 17 juillet 1817, et c’est en sa compagnie qu’il monta en Imerina.

Par Nasolo-Valiavo Andriamihaja

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