Chronique de Vanf

La chienlit à l’œuvre à Paris

Les images de mai 1968 n’avaient pas été immé­diatement accessibles à nos aînés d’il y a 50 ans. Par contre, les images de ce 1er décembre 2018 auront rapidement fait le tour du monde, dont les anciennes colonies françaises.
«Arc de Triomphe souillé» (Président de la République), «Mise en cause de symboles de la France» (Premier Ministre), «insulte à la République» (Ministre des Armées), «lieu emblématique mis à mal par des casseurs» (Secrétaire d’État aux Armées). La France a manifestement mal à la «certaine idée» qu’elle veut donner au reste du monde. Après les pavés des Champs-Élysées descellés lors du premier rassemblement des «Gilets jaunes», ce fut au tour de l’Arc de Triomphe d’être graffité à l’extérieur et saccagé à l’intérieur, ce 1er décembre.
Mais, d’autres images nous montrent l’incendie de voitures en stationnement, le vandalisme du mobilier urbain, le saccage des terrasses de restaurants. Images de guerre civile et de guérilla urbaine. Pas exactement l’idée que, d’ici, à 10.000 kilomètres, on se fait du pays qui avait accueilli les présidents américain et russe ou la chancelière allemande ainsi qu’une pléthore d’autres chefs d’État et de Gouvernement pour commémorer la fin de la guerre de 14-18.
La mutilation du visage de «Marianne», figure dont la République française a fait le symbole de la Liberté, rappelle à certains égards la décapitation et la destruction des sculptures antiques dans les musées tombés aux mains des jihadistes de Daech. À cette différence que les fanatiques obtus de l’État islamique agissaient à visage découvert tandis que les casseurs de Paris portaient cagoule.
Ce mouvement dit des «gilets jaunes» voulait protester contre la cherté de la vie, la baisse du pouvoir d’achat, et la multiplication des taxes pour financer la sortie du tout pétrole. Déjà, au tout début du mouvement, on avait pu voir des grévistes, qui bloquaient les routes, contraindre les autres usagers à les rejoindre. On avait d’abord pris ces «coupeurs de route» avec bonhommie, erreur qui devait nourrir le déferlement anarchiste sur Paris, mais également dans d’autres villes françaises : effraction d’une préfecture, assaut d’une gendarmerie, incendie d’une voiture de police, lynchage d’un CRS, et un peu partout pillage des magasins.
Ce 1er décembre 2018 à Paris rappelle le «lundi noir» du 26 janvier 2009 à Antananarivo quand, pour entretenir le climat insurrectionnel, l’opposition à Marc Ravalomanana envoya la foule à l’assaut des commerces, de la Radio nationale et même des librairies (pas pour voler des livres auxquels ces analphabètes ne comprenaient rien, mais pour profaner un symbole de l’érudition).
Les anarchistes encagoulés, qui prennent des selfies devant les voitures qu’ils viennent de flamber, feraient bien d’apprendre qu’il leur est nettement plus enviable de vivre dans un pays comme la France plutôt que dans ces pays où des «émeutes de la faim» peuvent exploser. Dans un autre pays que la France des droits de l’homme, ces barbares n’auraient pas été dispersés avec du gaz lacrymogène, mais fauchés par les balles réelles de non moins vrais kalachnikovs.
En attendant, le téléspectateur des nos pays anciennement colonisés est corrompu par l’exemple pernicieux de cette liberté, soi-disant au nom de la démocratie et par le peuple, qui dégénère en anarchie.

1 commentaire

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  • Bonjour, completement d’accord avec vous concernant les « connards » qui ont saccage mais , pourquoi terminez vous par ce genre de complexe envers la France?, quand cesserez vous de vous considerer ENCORE colonises?, regardez dans quel etat vous avez « transforme » votre pays , merci de continuer vos rubriques qui sont toujours pertinentes mais, reveillez vous. Amicalement