Courrier des lecteurs

Maître Mamy Radilofe : Un candidat atypique

ATYPIQUE. Un mot qu’on pourrait traduire par « quelqu’ un qui diffère du type habituel ». Ainsi parait avec les yeux de bon nombre d’observateurs avertis le candidat n° 23 à l’élection présidentielle Me Radilofe Mamy Richard (58 ans). Rien qu’à l’évocation de son nom, ceux qui sont épris de Droit et de Justice savent depuis longtemps que ce sémillant Avocat est issu d’une lignée prestigieuse dont le Patronyme est sûrement le plus célèbre – ou l’un des plus célèbres, pour ne pas faire des jaloux – de l’histoire du Barreau de Madagascar depuis l’indépendance.

Son oncle Felicien Radilofe, et le père de Mamy Me Richard Justin Radilofe, furent, en effet, à quelques années d’intervalle Bâtonnier de l’Ordre des Avocats. Deux grands hommes du Barreau qui ont marqué de leur empreinte les plus grands procès de la Grande Ile depuis 1960 (Affaire Resampa, Assassinat du Chef de l’État le Colonel Richard Ratsimandrava). Des procès auxquels les Radilofe devaient donner magistralement la réplique à des ténors du Barreau de Paris (France), en l’occurrence Me Badinter et Me Varaud.

Pas d’ivresse démagogique
Me Mamy Radilofe est, disions-nous, un candidat atypique, car son thème de prédilection est l’état de droit qu’en tant qu’Homme de loi mature, il décline en divers sous-thèmes que sont l’Harmonie, le Bien-être, la Prospérité et l’Héritage pour tous. Il mène une campagne plutôt discrète, pas adepte de grandes réunions publiques avec distribution de tee-shirts à la clé ou de petites « enveloppes » ainsi que de participation de grands artistes, et tout cela pour attirer les foules. Le candidat n° 23 diffuse son message un peu partout, dans le monde du travail (entreprises, syndicats, milieux scolaires et universitaires et même chez les militaires). Il cible également la société civile, et même les milieux confessionnels ainsi que les paysans ou le petit peuple car sa culture l’a voué au culte de la Grande Ile profonde ! Certains promettent la lune, mais ont souvent des allures de bonimenteur. Rien d’étonnant à ceci car toute campagne électorale réclame sa part d’ivresse démagogique, étant bien entendu qu’on est rarement élu en laissant miroiter des lendemains qui déchantent.

Programme fondé sur un socle solide :
L’État de droit
Ayant débuté sa carrière dans l’industrie sucrière (à Marseille, France) puis à Namakia (Majunga), enfin comme Contrôleur de Gestion au sein de ladite Sirama, Mamy Radilofe a ensuite repris ses études de Droit avant de devenir Avocat au Barreau de Madagascar. En matière de formation professionnelle, il s’est valablement initié au Partenariat Public Privé (ou 3P) avec l’Ambassade de Grande-Bretagne. Mais également il est devenu un expert en Droits de l’Homme pour faire partie – à l’instigation du PNUD (Nations Unies) – du pool des formateurs en Droits de l’Homme. Sans oublier son expertise en Leadership grâce à la formation « Seven Habits ».
Il est ainsi armé pour décliner sous tous ses angles l’état de Droit. Sur le volet social, par exemple,

Mamy Radilofe qui a parlé haut et fort publiquement lors du débat télévisé, avec d’autres candidats, à la TVM, et qu’on a vu aussi au CARLTON avec un autre panel de candidats invités par la Fondation Friedrich Ebert, Mamy Radilofe a affirmé haut et fort qu’il n’y a pas de développement et de réussite malgache si chacun et chacune n’y a pas sa place, ou si tous ceux ou toutes celles qui vivent dans la misère n’ont pas non plus leur place. Pour les droits fondamentaux tels que le droit du travail, l’État a des obligations telles que la création d’emploi ou l’embauche des fonctionnaires. Mais pour chaque individu, le droit à un emploi implique le devoir de se former afin d’avoir des connaissances et afin même de trouver un emploi accompagne par l’état.

Un socle qui touche tous les autres volets
Me Mamy Radilofe séduit en fait par son argumentaire solide et digne d’un Homme de loi. Comme gestionnaire de ressources humaines, comme en matière d’Économie, de santé publique ou d’Éducation, il plaide à chaque fois pour une responsabilité partagée afin d’éviter la corruption en citant par exemple les chercheurs de pierres précieuses qui ne seront pas obligés de « Backchicher » les gendarmes, car tout le monde doit avoir légalement sa part de profit. Tout s’imbrique : le droit à la sécurité, notamment pour traquer les dahalos, car tout suppose une bonne gouvernance de l’État. Même chose dans les domaines productifs comme l’Agriculture, l’Elevage, les ressources halieutiques, le tourisme. Ces secteurs gérés par la seule application des textes les régissant peuvent rapidement amener l’autosuffisance alimentaire. Et même, rien qu’en veillant scrupuleusement sur les exigences multiformes de l’État de Droit, on pourra rétablir la confiance avec la communauté internationale.

Et quid de l’aspect politique des élections
Sur le plan politique, Mamy Radilofe est peut-être dans une stratégie personnelle car il n’a de cesse de démontrer que l’actuelle élection présidentielle comme les législatives de Mai prochain sont ni plus ni moins que des élections anticipées. Ce qui ne l’a pas empêché de signer la « Charte de bonne conduite ». Il ne se dévoile que rarement et à bon escient, c’est-à-dire en sachant imprimer sa marque avec aplomb et pugnacité. Car il croit en sa bonne étoile et se fie à son instinct politique. Certes, il ne se fait pas d’illusion pour figurer dans le dernier carré des meilleurs scorers. Mais il prend date pour l’avenir en se posant en visionnaire investi d’une compréhension interne dudit Avenir, ne serait-ce que par les fructueuses potentialités que recèlent pour le bien du peuple les ressources du sous-sol.
Bref, si Mamy Radilofe bénéficie de l’aura du passé de ses deux parents grands ténors du Barreau, et même s’il lui suffit de parler pour convaincre, il n’a de cesse de plaider pour un monde où chacun gagne et où personne ne perd. Son message galvanise par ses interrogations émotionnelles. Le candidat n’° 23 incarne celui qu’on a envie de croire (et de voter). C’est un OVNI politique, une forme d’autorité démocratique fondée sur le bon sens. Il serait sûrement capable de changer le regard du reste du monde sur Madagascar.

par François Razanatsimba

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