Humeur Opinions

Et reconstruire ensemble

Janvier 2007, au Panthéon, Paris. Simone Veil tenait un discours d’hommage et de reconnaissance aux justes de France, lors d’une cérémonie d’hommage national. Un passage émouvant et empli de dignité, de la part de celle qui fut l’une des rescapées d’Auschwitz et qui, dans son parcours politique et engagé, continuera à marquer, d’une manière indélébile, l’histoire de son pays. Voici un extrait de cet émouvant discours : « Certains Français se plaisent à flétrir le passé de notre pays. Je n’ai jamais été de ceux-là. J’ai toujours dit, et je le répète, ce soir solennellement, qu’il y a eu la France de Vichy, responsable de la déportation de soixante-seize mille juifs, dont onze mille enfants, mais qu’il y a eu aussi tous les hommes, toutes les femmes, grâce auxquels les trois quarts des Juifs de notre pays ont échappé à la traque. » Quelle leçon de lucidité, de dignité et de justesse envers une histoire qui n’est jamais facile à assumer. Et que de leçons puisées dans le passé, transmises aux générations actuelles et futures.
Simone Veil, bien que Française, était une personnalité de l’Histoire et sans doute, cet appel à tirer des enseignements du passé s’adresse aussi au Madagascar qui est aujourd’hui le nôtre. Nous avons aussi notre lot de politiques néfastes, responsables de la défaillance économique et sociale, notre lot de décisions nuisibles tant à la population d’aujourd’hui qu’à celle de demain. Malheureusement, les mêmes scénarios se répètent, toujours plus durs, toujours plus dangereux, laissant toujours les villages et les villes entre le marteau de l’insécurité et l’enclume de la pauvreté. Quels que soient les arguments que nous avançons, la réalité, la triste et criarde réalité malgache, est que nous n’utilisons pas les leçons de nos expériences passées.
La fatigue et sans doute, l’usure de la précarité et de l’instabilité, laissent souvent le Malgache lambda croire que l’on ne s’en sortira plus, tant notre situation est difficile. Mais le parcours de Simone Veil n’est-il pas la preuve que l’on peut traverser de terribles et inhumaines épreuves, survivre et de ce passé, reconstruire sur une vision encore plus noble, encore plus égalitaire, encore plus respectueuse des différences et des convergences  Je puise cette leçon de son expérience de vie : il n’est jamais trop tard pour renaître de ses cendres, chers enfants de Madagascar, chers justes parmi les plus démunis.

Par Mialisoa Randriamampianina

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