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Santé de la reproduction – Le droit à l’IVG sécurisé réclamé

Dépénalisation ou non, les quatre panélistes ont donné leur point de vue.

Aucun chiffre exact ne détermine le nombre de jeunes filles et femmes qui avortent clandestinement. La proposition au droit à l’IVG médicalisée a plu à plus d’un.

Lors du troisième débat concernant la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG), la décision prise concernant ce sujet a été favorablement accueillie par les participants. Cela incite à revenir à une révision de l’article 28 de la loi n°2017.043. « Une femme est responsable de son corps et peut en faire ce qu’elle veut. Si elle veut avorter qu’elle avorte, si elle ne veut pas avorter qu’elle n’avorte pas », a
rétorqué un membre de l’assistance, à la Maison Laborde Andohalo, samedi. Le sujet sur la dépénalisation a créé un vif débat, en présence de quatre panélistes dont Mireille Rabenoro du CNIDH, Kolo Roger, médecin, le Général Désiré Ramakavelo, écrivain et Eric Andrianasolo, médecin. En fait, l’article 28 de la loi n°2017.043 sur la santé de reproduction et la planification familiale affirme que « Toute personne physique qui aura pratiqué l’interruption de la grossesse pour motif médical, au mépris des conditions prévues par la loi, sera punie par les peines prévues par le Code pénal article 317 ».
La pratique de l’avortement consenti ou non est punie par un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 360 000 à 10 800 000 ariary, selon ce Code pénal. Les panélistes ont étalé différentes façons de percevoir le sujet, mais en somme, il a été conclu par le droit de la femme. « Il faut souligner que les femmes doivent avoir accès à l’avortement médicalisé d’après la résolution de l’Orga­nisation des Nations-Unies, en janvier 2016. Un principe à approfondir. Et il faut que l’État libéralise la loi », a insisté Mireille Rabenoro. Malgré les complications chez une femme enceinte, le choix reste toujours celle de la femme.

Indisponible
« Des consultations prénatales se font dès que le fœtus se forme. Ensuite il faut déterminer s’il s’agit d’une grossesse pathologique ou pas, pour passer à des investigations biologiques et échographiques. En cas de malformation cardiaque ou manifestation d’hypertension artérielle, la femme est prévenue. Le médecin expose, mais c’est à la femme de choisir. Il faut souligner que lors de l’adoption de cette loi, ce sujet de qui décide de l’IVG, n’a pas été discuté », explique Roger Kolo. Le général Désiré Ramakavelo, quant à lui, a insisté sur le fait de sauver la femme plutôt que l’enfant, en cas de complication. « Un enfant ne mérite pas d’être jeté dans un bac à ordure ou dans une toilette », affirme t-il. Certains membres de l’assistance ont critiqué et suggéré que la consultation publique soit effectuée, avant l’adoption d’une telle loi.
La pratique de l’IVG médicalisée et sécurisée reste indisponible dans le pays.
« On n’a pas encore les moyens de pratiquer une interruption de grossesse thérapeutique et sécurisée à Madagascar. Avant de pratiquer l’IVG thérapeutique, il faudrait définir qui peuvent décider de l’IVG thérapeu­tique, jusqu’à quel mois de grossesse ou jusqu’à terme peut-on la pratiquer. Il faut déterminer la raison qui pousse la femme à agir de telle sorte, et dans quel centre l’IVG peut-elle être effectuée », affirme Eric Andrianasolo, président de l’Ordre des médecins à Madagascar.