Opinions Texto de Ravel

Connaître l’autre : la religion musulmane

Tu es, donc j’apprends ». Une phrase qui va revenir pour un certain temps dans le texto de Ravel. C’est peut-être même la nouvelle devise de ce mois de mai que nous allons développer ensemble. Car « l’homme est un solitaire qui a besoin des autres » comme dit si bien Charles Aznavour et Grand Corps Malade dans leur magnifique duo dont le titre est la première phrase de ce texte. Un duo d’exception car il allie plusieurs conceptions qui sont généralement contradictoires dans notre société aux normes préétablies. Un jeune et un vieux, du slam et de la variété française, des rythmes différents. Quand cela accepte de se rencontrer, le mélange nous transporte ailleurs, plus loin que nous puissions l’imaginer.
Aller à la rencontre de l’autre, c’est donner une porte ouverte à la paix et à l’enrichissement de soi. Car plus que la richesse matérielle, la connaissance ne peut qu’élever celui qui l’acquièret de bon cœur, l’esprit libre et l’âme humaine avide de grandir, bien grandir. Pour ce premier texte, nous allons à la rencontre de la religion musulmane. Tissons ce rendez-vous autours des bases de cette religion : les piliers de l’Islam. Ce sont les devoirs que tout musulman doit observer tout au long de sa vie. Il y a bon nombre de piliers mais les plus importants sont au nombre de cinq. Ils ne sont pas écrits explicitement dans le Coran comme les Dix Commandements de la religion Chrétienne. Les devoirs des musulmans sunnites ne se limitent pas à ces piliers mais leur mise en application est impérative.
Voici donc ces cinq fondements. Premièrement, la « chahada » qui est l’attestation de foi de l’unicité de Dieu et de la prophétie de Mahomet. Deuxièmement, la « salat » qui est les cinq prières quotidiennes. Le troisième, le « zakat » ou l’aumône aux nécessiteux dans les proportions prescrites en fonction des moyens du musulman. Le quatrième, le jeûne du mois de ramadan qui dure de l’aube au coucher du soleil nommé « saoum » ou « siyam ». Et finalement, le pèlerinage à La Mecque ou « hajj ». Il doit s’effectuer au moins une fois, si le croyant ou la croyante en a les moyens physiques et matériels.
De notre œil de croyante, cultivée au terreau du christianisme, la pratique de deux de ces cinq piliers a toujours été fascinante. Tout d’abord, la salat qui requiert une discipline tout à fait exceptionnelle. Cinq fois par jour, le musulman prie et prend le temps de prier. Dans nos périples dans des pays musulmans, il a été si merveilleux de voir nos collaborateurs s’arrêter vers midi, treize heures pour aller chacun tour à tour prier. De même, comme il est formidable de voir des gens se courber et faire leur prière en pleine rue, dans des couloirs et surtout dans des aéroports. Sur ce point, jusque-là, nous n’avons pas encore vu de lieux de prière autres que pour la religion musulmane dans des aéroports internationaux.
Puis, le Zakat. A Madagascar, chaque vendredi et depuis longtemps, les files d’attente se forment devant les boutiques et les maisons des karana. Beaucoup ne savent pas que c’est l’accomplissement du devoir de musulman. Donner est un devoir saint, nourrir le pauvre, le couvrir, le soigner et partager avec liu ce que l’on a est une sainte responsabilité. Cette pratique est devenue un apport presque vital pour bon nombre de familles pauvres dans toute l’île. Elles peuvent espérer que chaque vendredi, elles auront au moins de quoi se mettre sous les dents.
Allez vers l’autre, cherchez à le connaître. Nous ne pouvons qu’en être plus riches.

par Mbolatiana Raveloarimisa 

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