L'Express de Madagascar

Sécurité alimentaire – Le gari, un potentiel à exploiter

Pour renforcer la disponibilité alimentaire dans le Sud, le Programme alimentaire mondial appuie la transformation de manioc en gari. Un projet innovant.
Opportunité d’une diversification alimentaire. Le gari, farine de manioc, offre aux communautés des régions Anosy et Androy une option alimentaire abordable et adéquate, surtout en période de soudure. De plus, le Sud est reconnu pour une production de manioc en grande quantité, 2,6 millions de tonnes en 2015. Face à ce potentiel et afin de lutter efficacement contre l’insécurité alimentaire, le Programme alimentaire mondial (PAM) en collaboration avec d’autres organisations des Nations unies, a mis en œuvre – dans le Sud de Madagascar – le projet de transformation du manioc en gari, dans le cadre du programme « achats au service du progrès ».

Selon le projet Appui au renforcement des organisations professionnelles et aux services agricoles (Aropa), les producteurs qui bénéficient de l’aide alimentaire du PAM et qui travaillent collectivement, reçoivent des appuis. Notamment, des équipements et des formations. Côté marché, les organisations paysannes sont reliées au programme de repas scolaires et d’autres initiatives.

« Le processus de transformation permet aux producteurs de bénéficier de meilleurs revenus car le gari augmente de prix sur les marchés locaux. Ainsi, l’introduction de technologies, de techniques et de pratiques de traitement améliorées, réduit également les pertes de 30% après récolte», précise un document du PAM.

Zéro faim
En 2017, le projet a touché mille cinq cents ménages dans plus d’une dizaine de communes dans les régions Anosy et Androy. À noter que 60% des participants à l’activité sont des femmes. À ce jour, les habitudes de consommation des ménages ont changé. Pour apprécier ces activités, la directrice du PAM en Afrique australe, Lola Castro, a visité le site Bevala, dans le district d’Amboasary-Sud où le projet bénéficie directement à plus de cinq cents ménages.

Regroupés dans une coopérative, douze femmes et sept hommes travaillent d’arrache-pied pour transformer dix tonnes de manioc en deux tonnes de gari par mois. « Grâce à cette activité de transformation, les femmes contribuent significativement à l’activité économique dans la commune. Non seulement la sécurité alimentaire peut être améliorée, mais aussi le pouvoir d’achat à travers la vente de la farine de manioc », précise la directrice avec optimisme. Celle-ci lance un appel pour une transformation à plus grande échelle afin de se rapprocher de la faim zéro d’ici 2030.

Quant à Blandine Legonou, chef du bureau terrain du PAM à Ambovombe, elle a soutenu que « lorsque les communautés perdent leurs récoltes face aux effets de la sécheresse et ne peuvent pas accéder à la nourriture en raison de ressources limitées, le PAM et les autres acteurs humanitaires doivent agir. Le Sud de Madagascar souffre de problèmes structurels, limitant l’accès des populations à la nourriture. Des initiatives comme celles-ci sont une solution pour lutter contre l’insécurité alimentaire persistante et renforcer durablement la résilience des communautés ».