Texto de Ravel

Indigo

Sardou disait que la maladie d’amour est une rivière insolente qui unit dans son lit les cheveux blancs, les cheveux gris. Mais il est une rivière plus insolente qui unit dans son lit autant les hommes et femmes de tous les âges, qui réunit sans frontières de classe sociale, ni de langage, ni couleur de peau, ni nationalité. Elle est tellement forte que depuis peut être l’existence de l’humanité, elle a toujours existé. De civilisation en civilisation, de pays en pays, de tous les temps l’art a été et sera à jamais la chose qui donne à l’humain une voix.

Cette nuit-là, il fallait y être pour voir la grande diva des mots danser sur du Rock. Il fallait y être ce pour vraiment apprécier à quel point la musique peut transporter tous les âges, tous les goûts, tous les êtres sur une seule planète qui est celle de l’art et du beau. La grande Michèle R. dansait sur les tubes du Tarika Anay. Puis elle nous a transportés avec ses mots après nous avoir préparés : « avec la poésie, on peut aller loin. Très loin même ». Et là, grande surprise ! Un vrai show qui nous rappelle que l’art n’a pas d’âge et qu’à tout âge on peut retomber en jeunesse et surprendre la nouvelle génération montante. Ah ! Michèle, tu seras toujours la prophétesse des poids des mots qui pointent sans détours les maux de ce pays.

Également, découverte de nouveaux (ou pas) talents. Des sculpteurs, des slameurs, des tagueurs qui ont décliné et déclamé leurs arts et tout ce qu’ils ont dans les tripes sur la magnifique scène de Is’art Gallérie. Un coin de paradis en ville pour les amoureux d’un Tanà bien chauffé dans ce froid de canard de l’hier qui ne veut toujours pas partir. Il est bien triste de savoir que par rapport aux capitales de nos pays africains, Antananarivo est trop bien calme. Mais quand on voit ce que nous présente le présent et ce que nous prépare l’avenir avec la nouvelle génération d’artistes, on s’apprête à revivre les soirées culturelles d’antan. Cette nuit-là, c’était la présentation du second bébé du magazine Indigo.
Les choses bougent et des personnes engagées ont fait le pari fou de miser dessus. Une équipe formidable qui aime l’Océan Indien, sa culture, ses peuples, ses sons, ses couleurs. Ses couleurs, c’est entre autres chose celle de la mer : Indigo. « Du portugais, issu du latin indicum et à l’origine de “inde”. En occitan du XIIe, c’est aussi le nom de couleur dérivé de la teinture d’indigo, une couleur bleu foncé très puissante… comme notre océan Indien » dixit Dominique AISS. Ces amoureux de l’indocéanie ont décidé de créer une « Revue des arts et des cultures ».

Un beau pari qui tient dans une plateforme numérique et un magazine. On dirait même plus : un beau pavé de couleur et de découverte qui fait à chaque parution plus de deux cents pages. Oui, ce n’est pas un bouquin qu’on feuillette le temps de passer son temps aux toilettes. C’est plus un chef-d’œuvre qui se délecte sur un sofa avec un bon thé chaud. Avec la littérature, la poésie, la BD, la photographie, la musique, l’équipe brillantissime et panindocéanique (mot inventé pour faire artistique) veut « faire dialoguer le passé le plus lointain avec le présent en mouvement ».

Découverte de grandes personnalités marquantes dans le domaine de l’art et de la culture qui donne naissance à une série d’entretiens avec des artistes d’île en île. Sur ce bout de la planète, nous pensons que le vaste étendu de l’océan Indien nous sépare. Mais quand on met le nez dans ces belles pages d’Indigo, nous nous rendons très vite compte que de Madagascar à La Réunion, de Maurice, Mayotte, aux Comores et Seychelles nous formons un peuple. Pour terminer, une magnifique phrase de Dominique AISS, directeur de publication : « : nous porterons ensemble nos passions au firmament de cet océan INDIGO ». Larguez les amarres, bravo !

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