Transition
Rakotoarivelo insiste sur l'apaisement
Mamy Rakotoarivelo, président du Congrès (Photo Claude Rakotobe)
Le président du Congrès enfonce le clou. Mamy Rakotoarivelo, également chef de délégation de la mouvance Ravalomanana, insiste sur les mesures d'apaisement dont l'amnistie à l'approche du 29 février.
« Il ne faut pas faire comme certains dirigeants, appliquant des lois qui leur servent », a lancé Mamy Rakotoarivelo au cours de la séance de clôture de la session extraordinaire du Parlement, hier à Tsimbazaza. « Celles-ci doivent être générales et impersonnelles », a-t-il poursuivi, laissant entendre une position contre l'exclusion de l'ancien président Marc Ravalomanana.
Position claire
Le président du Congrès a profité de l'occasion pour marteler la position de sa mouvance sur les mesures d'apaisement. Il a insisté sur la priorisation de celles-ci dans les jours à venir. Il prône ainsi la « solidarité et non l'hypocrisie », en « fixant des objectifs communs » pour la gestion du pays.
Le message de Mamy Rakotoarivelo intervient 26 jours avant l'expiration de la date butoir fixée par la Troïka, organe de coopération de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) pour l'adoption des mesures d'apaisement. Le chef de la délégation de la mouvance, vissant sa casquette officielle, fait part la position de son entité au moment où la transition doit trancher sur l'ordre du jour de la possible troisième session parlementaire.
Hery Rasoamaromaka, coordinateur régional du parti Tanora malaGasy Vonona (TGV) soutenant Andry Rajoelina, président de la Transition, réfute les arguments du président du Congrès. « Le moment est mal choisi pour une telle revendication », rétorque-t-il, remémorant le troisième anniversaire des événements du 7 février durant lesquels des manifestants pro-Andry Rajoelina, se rapprochant du palais d'Ambohitsorohitra, avaient essuyé des tirs.
Le dirigeant de la formation politique proche de Andry Rajoelina reprend l'argument de ce dernier pour réclamer « la fin de la culture de l'impunité ». « Les crimes de sang ne seront jamais amnistiés », persiste-t-il.
Hery Rasoamaromaka affiche également son désaccord sur le calendrier de l'adoption des textes dans le cadre de l'application de la Feuille de route. « Il faut d'abord terminer ce qu'on a commencé. Nous devons reprendre l'examen du projet de loi sur le code électoral, et les autres textes relatifs au scrutin avant de passer à autre chose », soutient-il.
Iloniaina Alain
Samedi 04 fevrier 2012