Toamasina
Friction entre la police et la prison
Le directeur inter-régional de la police, le général Rakotoarisoa Jean Yves (Photo Joël Valencio)
Rien n'est plus comme avant entre les policiers et les agents pénitentiaires. Des dénonciations viennent de marquer leur relation.
La mésentente latente existant depuis longtemps entre les éléments de la police nationale et ceux des établissements pénitentiaires de la ville de Toamasina vient de connaître une nouvelle tournure. Tout a commencé après l'affaire « David », un ancien prisonnier tué par balle lors d'une opération menée par des éléments de la police à Toamasina dans le quartier de Tanambao V.
À entendre les explications du directeur inter-régional de la police, le général Rakotoarisoa Jean Yves dans une émission diffusée à une chaine de télévision locale, David était un détenu qui devait encore rester à l'intérieur de la maison
centrale.
De leur côté, en réponse à cette déclaration, des hauts gradés de l'établissement pénitentiaire de Toamasina tels que Pilaza Adrien, Ralay Christian, Ranoha Pierre ont indiqué haut et fort à la même chaine de télévision que cette personne tuée par une balle de la police n'était plus un prisonnier. « C'était un ex-détenu ayant purgé sa peine à la maison d'arrêt de Toamasina », ont-ils fait savoir. Selon toujours ces hauts responsables à la maison centrale de Toamasina, David a été mis sous mandat de dépôt le 17 janvier 2008. Il a été ensuite jugé et condamné à trois ans d'emprisonnement ferme et à des travaux forcés de trois ans par la décision du juge en date de 4 juin 2008. Ainsi, ce prisonnier ne devrait donc quitter le lieu de détention qu’en 2011. Mais suite à la décision se rapportant à la grâce présidentielle octroyée pour le compte de l'année 2010, il a pu quitter la prison six mois à l'avance. C’était donc homme libre.
Tension
Par ailleurs, les représentants de l'établissement pénitentiaire de Toamasina ont martelé qu'ils n'acceptent plus d'être pointés du doigt comme étant responsables quand il y a un malfaiteur arrêté ou abattu par la police alors qu'il figure encore parmi les prisonniers. Selon eux, les détenus qui sont en liberté provisoire et travaillent dans une famille ou dans un service en dehors de la maison d'arrêt et qui a fait des démarches à cet effet, ainsi que les actes qu'ils peuvent commettre, ne relève plus de leur responsabilité.
Après l'affaire Rehavana Michel à Toliara, celui de David à Toamasina risque donc d'empirer la relation déjà tendue entre les éléments de la police nationale, lesquels faisant partie du ministère de la Sécurité publique, et les agents pénitentiaires qui ne sont autres que des employés du ministère de la justice.
Joël Valencio
Mercredi 22 fevrier 2012