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Actualité Madagascar » Région » Sculpture
Sculpture
Splendeur du mpanjakabenitany
Aromana expose une partie de ses œuvres à Toliara-centre (Photo Francis Ramanantsoa)
Transformer le mpanjakabenitany en objet pratique et décoratif, il fallait y penser. Aromana, un artisan hors pair du Sud, le travaille depuis une trentaine d'années.
Mpanja­kabenitany, ou Bau­douinia rouxevillei, est un bois réputé précieux. Son aire naturelle est limitée à une petite zone dans le Sud-ouest de Madagascar, et il est particulièrement recherché.
Si au quotidien, les habitants de la localité l’utilisent pour confectionner les piquets et les piliers nécessaires à la construction de leurs maisons et pour les enclos du bétail, à Toliara, un artiste talentueux dénommé Aromana, âgé de 48 ans, le transforme en cannes et bâtons de marche à poignée faite en corne de zébu, ou en supports de veilleuse et d'abat-jour.
Il exerce ce métier depuis 30 ans en succédant son père, et il demeure l’unique sculpteur de ce bois endémique dans la Cité du soleil, pour le moment. Les techniques utilisées par Aromana dans la réalisation de la sculpture de ces pièces en bois ne sont pas très compliquées. Toutefois, il est très inventif, car cet artisan tuléarois crée des œuvres sans modèle, sans photo, sans gabarit, à l'exemple d'un prototype de toile d'araignée à base de mpanjakabenitany.
Les outils utilisés sont comme toujours à Mada­gascar des plus rudimentaires tels qu'une hache, un couteau, un grattoir, une lime, un ciseau et une râpe à bois.
« Mes sculptures reflètent l'essence de la culture traditionnelle du Sud malgache. Elles sont pénétrées d'imagination, et s'inspirent de la nature », mentionne-t-il.
Depuis des années, ce bois précieux sculpté à la main a acquis une renommée dans la ville et intéresse de plus en plus de touristes et de professionnels.
Objets d’ornement
Quelques branches de mpanjakabenitany, une table de fortune où sont étalés et exposés les divers objets sculptés. C'est le décor qu’on aperçoit devant l'atelier d’Aromana sis à Toliara-centre, plus précisément dans la partie gauche du vieux établissement de vente de PPN dénommé Coopérative Avotse ayant appartenu dans le temps au feu Monja Jaona.
Deux personnes l’aident dans son travail. Sa femme s’affaire devant un réchaud à charbon où elle met sur les braises des cornes de zébu afin d’être modelées pour servir de poignées de canne ou de bâton.
Une autre personne écorche le mpanjakabenitany brut puis le ponce à l’aide d'une toile émeri. Les travaux de finition reviennent à Aromana. Il assemble et transforme quelques pièces de bois en objets d’ornement avant de les resplendir à l’aide de quelques couches de vernis.
Les prix varient selon les objets. Un pied de lampe peut se vendre jusqu’à 50 000 ariary, tandis qu’une canne et une veilleuse s'écoulent entre Ar 5 000 et Ar 6 000.
« Nous arrivons à vendre quelques pièces par jour. Nos principaux clients sont les touristes nationaux, surtout ceux provenant d’Antananarivo, car les produits faits avec le mpanjakabenitany sont interdits d'exportation », souligne Aromana.


Francis Ramanantsoa
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