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Sambava
La Soavoanio sauvée par le compost
Les employés de la Soavoanio ne sont pas encore totalement tirés d’affaire (Photo Mahefa Rakotomalala)
La société Soavoanio a réussi à doubler sa production de noix de coco en une année, après avoir été au bord de la faillite. L'aide de l'État se fait toujours attendre.
La Soavoanio sort la tête de l'eau. Une année après avoir traversé une crise financière et des tensions sociales sans précédent, cette société d'État commence à redresser sa situation. La production de noix de coco a atteint une croissance record de 85%, passant de 4,6 à 8,2 millions de noix entre 2010 et 2011. Pourtant, l'aide financière sollicitée auprès de l'État pour mettre de l'engrais et soigner les champs de cocotiers n'est jamais venue. C'est grâce au compost fabriqué localement que la production s'est améliorée.
« Durant le mois de janvier 2011, j'ai mobilisé tous les employés pour débroussailler les champs de cocotiers et fabriquer le compost. Ils n'ont touché que la moitié de leur salaire durant deux mois, mais l'effort que nous avons déployé a été payant », déclare Claude Andréas, actuel directeur général de la Soavoanio, revenu à la tête de la société durant les périodes très difficiles en décembre 2010.
Aide recherchée
À cette époque, la fermeture était imminente. La chute de la production passée de 16 à 7 millions de noix de coco entre 2008 et 2009 a créé une crise financière sans précédent. Le directeur général de l'époque, Eden Clermont Rakotozafy, mettait ce problème sur le dos de l'insuffisance pluviométrique. Une partie des employés évoquait une défaillance au niveau de la gestion, d'où des lacunes dans l'utilisation d'insecticides et d'engrais en terme de quantité et d'opportunité, rendant ainsi les cocotiers très vulnérables aux maladies.
Les noix de coco de la Soavoanio sont essentiellement destinées au marché local. Sur les 8,2 millions produites en 2011, quatre millions ont été écoulées à l'état brut sur les marchés d'Anta­nanarivo et Antsiranana.
Le reste a été transformé en 500 tonnes d'huiles de coprah et vendues à des huileries locales.
Malgré cette embellie, la Soavoanio n'est pas pour autant sortie de l'auberge. Encore incapable d'investir, ses champs de cocotiers ont pourtant plus que jamais besoin d’engrais et d'insecticides. Elle a également besoin de planter de nouveaux pieds car suite à la maladie, 350 000 sur ses 800 000 pieds existants sont irrécupérables. L'aide financière de l'État, quel qu'en soit le montant, serait plus que jamais la bienvenue.



Mahefa Rakotomalala
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