Sabotsy Namehana
La route nationale 3 coupée
Quand l’Imamba déborde de son lit, il faut la traverser avec courage (Photo : Mamy mael)
Les districts d'Avaradrano sont inaccessibles. La rivière Imamba a atteint le niveau 1m50, inondant la commune d'Ankadikely Ilafy.
Pour la seconde fois, le barrage d'Imamba a cédé au passage d’un cyclone, hier. Cette fois, il s’agit de Giovanna. Vers 10 heures, l'eau a envahi la commune d’Ankadikely Ilafy en emportant le pont reliant Sabotsy Namehana. 100 ha de champs de culture sont inondés, trois voitures dont un 4x4, un camion et un véhicule particulier, ont été emportées par les courants. On ne voit que leurs toits.
« Le chauffeur du 4x4 était très entêté. On lui a dit de ne pas y aller parce que c’était dangereux mais il n'en a fait qu'à sa tête. Heureusement qu'il a pu sortir par la vitre de la portière de sa voiture », relate le maire d'Ankadikely Ilafy, le docteur Tovo Ratsinto. En effet, malgré le niveau d'eau, les gens ne veulent que rentrer chez eux, coûte que coûte. À l'aide d'une corde, ils passent main dans la main, à la file indienne, de Sabotsy Namehana vers Ankadikely, retroussant jupes et pantalons, sous-vêtements pour certains.
Aucun moyen
D'autres traversent les crues, une bicyclette sur les épaules. « J'étais à Ankazondandy et je devais rentrer, hier. Mais à cause du cyclone, je n'ai pas pu. Chez moi, ma famille s'inquiète alors je ne peux pas attendre que le niveau d'eau baisse, je dois rentrer aujourd'hui », insiste Ra-Fredy, un passant.
Aucun moyen de transport ne peut y passer. Sur le croisement indiquant la commune Ankadikely Ilafy, deux agents de la gendarmerie guident chaque véhicule qui passe. Les bus de Sabotsy Namehana font le transbordement de ce côté. Les taxi-brousse venant d'Ambohimanga, Ankazondandy... stationnent à Sabotsy Namehana. Ils ne sont pas les seules victimes. Trois des 18 fokontany d'Ankadikely Ilafy ont enregistré 300 sinistrés qui ont été déplacés à l'École primaire publique (EPP) de la commune.
À la recherche des survivants
Vers 17 heures, un camion du Bureau national pour la gestion des risques et catastrophes a traversé la plaine inondée d'Ankadikely Ilafy, au secours de quatre hommes. Ces derniers, dont un âgé, ne pouvaient pas évacuer à cause du niveau dangereux de l'eau. « Nous étions sur un arbre depuis 10 heures du matin parce que la maison était sous l'eau. Il y avaient 15 maisons mais vous ne voyez que ces quelques-unes parce que les autres sont toutes sous l'eau », indique Jean Claude, l'un des rescapés. « Je voulais sauver le peu qu'on a pu épargner pendant des années, mais en vain », poursuit-il, tout en imaginant son retour à la campagne, avec sa femme et ses deux enfants, déplacés à l'EPP.
Michella Raharisoa
Mercredi 15 fevrier 2012