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Actualité Madagascar » Politique » Réunion d'urgence
Réunion d'urgence
Nouveau face-à-face à Pretoria
Des membres de la mouvance Ravalomanana à Ivato, samedi (Photo Mamy Mael)
La SADC compte ramener les représentants de certaines parties prenantes malgaches autour d'une table à Pretoria. Mais le consensus semble être difficile à retrouver.
Un rebondissement se dessine dans le pro­cessus de mise en œuvre de la Feuille de route de sortie de crise. Certaines parties prenantes malgaches convoquées par la Troïka (Organe de coopération en matière de politique, de défense et de sécu­rité) de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) pour une réunion d'urgence à Pretoria ce mardi, devront aborder des sujets brûlants dont l'examen devient incontournable face au contexte actuel. Sans doute, le rapatriement de l'ancien président de la République, Marc Ravaloma­nana sera, entre autres, discuté malgré les divergences de points de vue sur les con­ditions dans lesquelles l'opé­ration devrait s'effectuer.
Le Premier ministre Jean Omer Beriziky, le chef de délégation de la mouvance Ravalomanana aux négociations de résolution de crise en l'occurrence le président du Congrès de la Tran­sition Mamy Rakotoari­velo, et celui de la mouvance Zafy, Jean Marcel Miandrisoa, ainsi que le conseiller spé­cial du président de la Tran­sition, Norbert Lala Ratsira­honana ont fait partie de la première vague de personnalités qui se sont envolées pour l'Afrique du Sud à bord d'un vol régulier de la compagnie Airlink hier. Le ministre des Affaires étrangères Pierrot Rajaonarivelo ainsi que les pro-Ravaloma­nana Hanitra Razafimanan­tsoa et Pierrot Botozaza, respectivement vice-présidente du Conseil supérieur de la transition et vice-Pre­mier ministre chargé de l'Éco­nomie et de l'industrie embarqueront ce jour sur Air Madagascar.
Selon l'invitation signée par le Dr Tomaz Salomao, secrétaire exécutif de la SADC, l'objectif de la réunion à Pretoria est de discuter de la présente crise politique et de trouver une voie pour aller de l'avant. Une indication qui manque de précision, d'après ses destinataires.
Regroupement
Mamy Rakotoarivelo a ainsi avancé que la SADC a organisé la rencontre, sans doute à la suite du retour au pays qui n'a pas abouti de Marc Ravalomanana, accompagné du mouvement de foule à Ivato samedi, mais aussi des échauffourées à Ambohijatovo le 17 janvier lors de l'initiative de la mouvance Zafy pour marquer l'anniversaire de la Place de la démocratie. « Nous allons soulever devant la communauté inter­nationale et la Troïka en particulier qu'il y a une application inéquitable de la Feuille de route. Nous voulons que tout le monde montre sa bonne foi pour appliquer ce plan de sortie de crise dans tous ses articles », a-t-il soutenu hier à Ivato avant le départ.
Avec cette déclaration, Mamy Rakotoarivelo a fait allusion surtout à l'article 20 de la Feuille de route qui stipule le retour sans conditions des exilés politiques dont l'ancien président Marc Ravalomanana.
Jean Omer Beriziky, lui aussi, a évoqué un flou sur l'ordre du jour de la réunion à Pretoria. Mais il s'attend plutôt à des discussions sur le cas de l'ancien chef d'État Marc Ravalomanana. Pour expliquer l'effervescence à Ivato samedi, le Premier ministre a estimé que les conditions du retour de ce dernier au pays ne sont pas encore réunies. « Marc Ravalo­manana a pris unilatéralement l'initiative de rentrer alors qu'il faudrait un accord entre toutes les sensibilités en vue de son retour », a-t-il affirmé à Ivato à la même occasion.
En attendant le face-à-face à Pretoria ce jour, des représentants d'une importante partie des entités signataires de la Feuille de route ont été reçus par le président de la Transition, Andry Rajoelina au palais d'État à Ambohitsorohitra hier. L'audience a été qualifiée par Lanto Rakotomavo d'échan­ges d'idées avec le Président. « Malgré les divergences entre nos entités, nous manifestons notre attachement à la Feuille de route. Nous ne pensons pas que nous avons violé ses dispositions », s'est défendue la secrétaire nationale du parti présidentiel Tanora malaGasy Vonona (TGV) hier.
Un communiqué de la présidence de la Transition a mentionné que les représentants d'Ambohitsorohitra pour Pretoria ont reçu une consigne claire et catégorique en vue du retour sans conditions de Marc Ravalo­manana au pays et de l'exécution sans conditions du contenu des actes judiciaires le concernant.
L'ambassadeur de France, Jean-Marc Chataigner s'est aussi montré réticent à propos du « retour unilatéral » de Marc Ravalomanana au pays. Il a confié hier, en marge du reboisement au Lycée français d'Ambatobe.


Fano Rakotondrazaka et Judicaëlle Saraléa
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  • mpijery : [ 24 janvier 2012 à 10h:17 ] Je ne me lasserai jamais de dire, encore et toujours, qu?il devient de plus en plus illusoire de croire et d?espérer que tous les politiciens impliqués dans ce désastre finiront un jour par revenir à la raison et à s'accorder sur un règlement fraternel, consensuel et définitif de leurs querelles ignominieuses. A cause de leur entêtement, de leurs atermoiements, de leurs tergiversations et de leur mauvaise foi manifeste, le Malgache de la rue continue, lentement mais sûrement, sa descente vers les bas-fonds de l'indigence la plus absolue. Malgré sa patience légendaire, il ne serait pas surprenant qu?il participe, demain, à des actes de désespoir total : une émeute de la faim, en particulier. Alors, rien ne sera plus jamais comme avant ! J?ai malheureusement peur que la vraie solution ne soit, en effet et encore une fois, une nouvelle épreuve de force entre nous, aux conséquences jamais prévisibles mais certainement désastreuses, pour la majorité silencieuse en particulier. Si nous n?y faisons pas attention, la guerre civile finira par frapper à notre porte. Cela arrangera sans doute les affaires de quelques esprits criminels, tant au niveau national qu?à l?international : tout détruire pour « mieux » reconstruire derrière, avec de très juteux contrats en perspective pour les soit disant sauveteurs-reconstructeurs. A VOMIR ! Regardons ce qui se passe autour de nous : en Afrique, dans les pays arabes, etc. Est-ce cela que nous voulons pour notre pays ? Entretemps le BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) avance. Pays émergents à la puissance de feu infinie, ils s?installent partout, achètent tout, souvent à des conditions avantageuses incomparables. Si nous n?y prenons pas garde, ils nous avaleront comme une bouchée de pain. L?Indien Varun, en particulier, est déjà à nos portes, voulant sans doute se substituer au Coréen Daewoo dont les pérégrinations, rappelons-le, ont fait le malheur de qui vous savez ? D?ailleurs, il semble qu?elle soit en train d'essayer de réactiver ce projet. Au bénéfice de qui ? La question mérite d?être posée. Dans sa chronique « scénario du possible » ( Lexpressmada du 23/01/2012), VANF, avec son habituelle lucidité écrit : « Personne ne souhaite une sortie de crise par la violence, d'où cette recherche obsessionnelle d'un dialogue dans le respect mutuel et la compréhension réciproque. Au «Fihavanana», il faut un contenu d'équité, base de la confiance et cadre d'une réconciliation qui évite la récidive d'une autre crise structurelle. Des élections, simplement mathématiques, sans cette précaution politique, seraient moins une solution que source de nouvelles tensions. Car il s'agit bien, d'abord et surtout, d'apurer le passif de 1972, 1991, 2002 et 2009 avant un «plus jamais ça». Je ne puis malheureusement que le rejoindre, ayant soutenu, depuis un bon moment, que pour espérer un retour vers cette paix sociale, véritable et durable que chacun de nous ne peut qu?appeler de ses v?ux, il nous reste à tourner les pages les plus douloureuses de notre histoire moderne, d?une manière fraternelle et définitive : celles des victimes des « révolutions successives » que nous avons subies depuis 1972 : - procès de Tsiranana et consorts après les morts du 13 mai 1972 : aucune condamnation qui puisse être retenue pour servir de leçons pour l?avenir ; - assassinat de Ratsimandrava en février 1975, jamais élucidé : les coupables directs et les commanditaires probables courent toujours ; - carnage d?Iavoloha du mois d?août 1991 : aucun procès, et pire encore, aucune commémoration pendant vingt et une longues années. Le responsable présumé est même revenu en triomphe de son exil en 1996 pour redevenir Président de la République de 1997 à 2001 ; - événements postélectoraux de décembre 2001à juin 2002 : Didier Ratsiraka et Pierrot Rajaonarivelo ont écopé de peines infâmantes par contumace, mais non pour des motifs de crime de sang perpétré contre leurs propres compatriotes. Le premier est toujours « en exil » à Paris malgré son pathétique retour-passage-éclair au pays, et le second est devenu ministre d?Etat par la magie du coup de force de Rajoelina et consorts ; - enfin, seule exception dans cette énumération honteuse et macabre : Marc Ravalomanana, condamné à de très lourdes peines infâmantes par contumace pour avoir été, du point de vue de la justice de la HAT, l?unique responsable du massacre d?Ambohitsorohitra en février 2009. C?est dans ce sens qu?il semblait très difficile de croire vraiment à son retour maintes fois annoncé aux indéfectibles et infatigables « zanak?i dada ». L?histoire nous a donné raison. Plût au ciel que tout cela ne nous conduise pas vers des confrontations violentes qui plongeraient alors le pays dans un chaos indescriptible aux conséquences inimaginables et, à coup sûr, dramatiques. Il est plus que temps que ce pouvoir de fait qui s?est installé par la force, voici bientôt 3 ans déjà, ait l?honnêteté de se regarder dans la glace, et se demander si ses membres, de la base jusqu?au sommet, peuvent encore avoir une figure aux yeux des 20 millions de Malgaches qu?ils ont pris en otage, en reniant à chaque fois les engagements qu?ils prennent la veille pour les dénoncer par leurs actes le lendemain, au mépris de tout et de tous ! LA HONTE ! LA RISEE DU MONDE ENTIER !
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