Portrait - Sylla, l’homme de fer |
Connu pour son flegme, se distinguant par sa rigueur, Jacques Sylla laisse le souvenir d’un homme qui a bravé de grandes épreuves politiques. |
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Avec Jacques Sylla au perchoir, le palais de l’Assemblée nationale, a retrouvé une certaine majesté. Les couloirs, jusqu’alors bruyants et animés, sont devenus plus calmes et silencieux, presque froids et sans vie. L’accès au bâtiment principal est mieux contrôlé, la discipline et le protocole y règnent en maître. En l’espace de deux ans, le nouveau maître des lieux a réussi à façonner à son image, du moins de par son aspect extérieur, une institution qui a connu un certain laisser-aller depuis quelques années. « Je ne peux répondre à votre question parce que ce n’est pas protocolaire », était la phrase qui revenait souvent dans la bouche de l’ancien premier ministre, puis ancien président de l’assemblée nationale. Un réel souci de l’étiquette ou une manière d’esquiver les questions gênantes ? Jacques Sylla, en tout cas, passait pour une personnalité très à cheval sur les principes au point de paraître froid et distant. Ce qui n’empêche pas ceux qui l’ont côtoyé de lui rendre l’hommage qu’il mérite. « Il m’a beaucoup appris sur le protocole », affirme un ancien membre de ses gouvernements, reconnaissant. Fermeté et rigueur Et quand les circonstances l’exigeaient, il n’hésitait pourtant pas à déroger aux règles qu’il s’est imposé lui-même. Des moments qui restent pourtant aussi rares qu’exceptionnels durant la carrière politique de l’avocat d’affaires. Méticuleux et pointilleux, Jacques Sylla n’hésitait pas à intervenir, même pour des questions jugées à tort ou à raison de « détails ». Quand l’hymne national était joué différemment d’une région à une autre, le Premier ministre qu’il était publiait une note officielle demandant l’uniformisation du rythme du « Ry Tanindrazanay Malala ». Il allait jusqu’à pousser ses ministres à se changer lorsque la tenue de ces derniers ne correspondait pas aux circonstances. Connu pour sa fermeté et sa rigueur, « Vazaha be » comme on le surnommait, était l’homme qu’il fallait à Marc Ravalomanana après la crise de 2002. Le tandem de fer que les deux chefs de l’Exécutif formaient alors, avait permis au régime de connaître pendant cinq ans une certaine stabilité, au point d’étouffer l’opposition. Beaucoup d’hommes politiques ne le portaient pas dans leur cœur, et n’hésitaient pas à le faire savoir, mais gardant sa stature d’homme d’État, il résistait, répliquait parfois, sans broncher. Citoyen engagé, ce juriste de formation avait apporté sa contribution à la fondation du Comité national d’observation des élections (CNOE) à la fin des années 1990. Fervent catholique, il militait également au sein des mouvements chrétiens œuvrant dans l’éducation citoyenne. N’étant pas d’un abord facile, Jacques Sylla avait du mal à gérer les contacts de proximité, pourtant courants sous le régime Ravalomanana. Mais il se rattrapait dans son engagement en étant très actif au sein du club de service Lion’s dont le pin’s distinctif ne le quittait jamais. Il réussit à circonscrire à une dimension politique les questions techniques au cours des séances de question-réponses à l’Assemblée nationale lorsqu’il était Premier ministre. |
| Par : Date : 28-12-2009 |