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Piratage
Le premier spot choque
La vente et l’achat d’oeuvres piratées est entrée dans les moeurs depuis longtemps (Photo Maminirina Rado)
Le premier spot publicitaire anti-piratage montre des images choc. Les impacts ne sont pourtant pas assurés.
Aussitôt mise en place, la Brigade Spéciale Anti-piratage (BSAP) n'a pas attendu longtemps pour passer à l'action. Le premier spot de sensibilisation, car la BSAP en a prévu trois, est sorti il y a deux semaines sur les chaînes malgaches, dont la TVM.
Le message est fort. Il s'adresse essentiellement aux auteurs de piratage d'oeuvres artistiques. « En piratant un CD, on tue un artiste » et à la fin, la BSAP ne se fait pas prier pour lancer son
« Anay ianareo androany » pour confirmer son engagement et sa volonté d'éradiquer jusqu'aux racines ce mal qui mine le milieu de la production artistique.
Interprétations
Dans le camp des artistes, le message est compris de manière différente. D'un côté, les uns redoutent son efficacité vu la réalité trop éloignée du vécu. De l'autre côté, certains ne se reconnaissent pas en tant que victimes dans le spot. Mais dans la réalisation, tout est clair. On parle de langage publicitaire à caractère sensationnel.
« C'est trop fort comme image. Pourtant, le message est très clair. J'ai peur que les gens préfèrent en rire. C'est tellement loin de la réalité. Des gens au poteau, ça n'existe plus à Madagascar. Dans ce genre de campagne, on a deux choix, diaboliser ou adopter une approche éducative. Moi, je suis pour cette deuxième approche, où l'on prendra un sujet terre-à-terre et ludique dans lequel la cible se reconnaîtra. Mais pour rendre efficace la lutte anti-piratage, il faut renforcer le sentiment d'appartenance, il faut promouvoir la culture du beau et de la créativité. C'est un problème fondamental qui demande de la volonté pour les dirigeants. Il faut donner la place qu'elle mérite à la culture, à l'identité même », confie Bodo, artiste.
« Le message a été conçu avec la BSAP. J'ai assuré la réalisation. Les auteurs de piratage sont la cible principale dans cette campagne. Nous avons décidé d'un degré supérieur, car un message simple ne pourra plus passer. Dans le langage publicitaire, on n'est plus dans l'abstrait. On illustre le message de manière explicite. Selon l'intention, l'image peut être choquante, surtout quand le danger est vraiment réel », répond Ridha Andriato­manga, réalisateur du spot.

Domoina Ratsara
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