Ministère des Transports
« Une mesure technique contre Airlink »
Jean Michel Randrianasolo a fait la lumière sur certains points délicats, hier (Photo Claude Rakotobe)
La « lettre d'information » est purement technique selon des responsables du ministère des Transports. L'attroupement est désormais interdit à Ivato.
Pointé du doigt par les partisans de l'ancien président, Marc Ravalomanana, le ministère des Transports a dû finalement donner sa version sur la lettre qu'il a adressée à la compagnie aérienne sud-africaine, Airlink, autour du projet de l'ex-Première dame de rentrer au pays. Sans le ministre Benjamina Ramanantsoa, ses techniciens ont, hier, à Anosy, contesté toute connotation politique de la communication, lors d'une rencontre avec la presse. Une manière pour eux de réagir contre la déclaration de la Primature stipulant que des décisions continuent d'être prises de façon unilatérale sans aucune concertation.
Jean Michel Randrianasolo, directeur de cabinet du ministre des Transports, a soulevé que s'agissant d'une question de protection de l'aéroport d'Ivato, elle relève de la compétence des techniciens. « Imaginez que des groupes de personnes entrent dans le tarmac et incendient
l'avion. Différent matériel ainsi que les bagages des passagers y sont placés. À partir de maintenant, l'aéroport ne sert plus de lieu de réunion publique », a-t-il lancé avec fermeté.
Lettre d'information
L'interlocuteur a anticipé qu'aucun attroupement ne sera plus autorisé à l'aéroport pour accueillir n'importe quelle personnalité. Le panel de techniciens du ministère des Transports a évoqué que la même mesure est appliquée dans les aéroports Charles de Gaulle et Paris Orly, de la capitale française.
De son côté, le secrétaire général du ministère, Jocelyn Razafimanjato, a avancé que la lettre envoyée à la compagnie Airlink est une simple lettre d'information. « Nous n'exerçons aucune pression afin de contraindre Airlink à nous obéir », a-t-il souligné en présence, entre autres, du directeur général des Transports terrestres, Rado Rajoelison, ainsi que du directeur général des Transports maritime, fluvial et aérien, Rigobert Tiana Rakotoarinirina.
« Il relève de notre responsabilité d'informer toute compagnie aérienne concernée afin qu'elle puisse prendre les dispositions adéquates. C'est la raison pour laquelle nous avons informé la compagnie Airlink pour que les événements malheureux du 21 janvier dernier ne se reproduisent plus », a aussi mentionné un communiqué du secrétariat général du ministère des Transports.
Joint au téléphone, maître Hanitra Razafimanantsoa, de la mouvance Ravalomanana, a soutenu que la mobilisation des partisans de l'ancien président de la République à Ivato n'a rien à voir avec l'inscription d’Air Madagascar dans la liste noire de l'Organisation de l'aviation civile internationale. Elle a affirmé que les forces de l'ordre sont là pour se charger de la sécurité. « L'interdiction des gens de se rendre à Ivato pour accueillir un ou des passagers constitue déjà une entrave aux libertés. C'est une manière d'empêcher la foule d'accueillir Marc Ravalomanana », a-t-elle exprimé.
Fano Rakotondrazaka
Mardi 07 fevrier 2012