Mines
L’Omnis fonctionne en quasi-autonomie
La tutelle de l’Omnis est disputée par deux ministères (Photo Claude Rakotobe)
La question reste en suspens. Le gouvernement n'est toujours pas arrivé à départager le ministère des Mines et celui des Hydrocarbures pour la tutelle de l'Office des mines nationales et des industries stratégiques (Omnis). Cette structure en charge du suivi et de la gestion des grands contrats miniers, et de prospection pétrolière fonctionne de fait en quasi autonomie depuis près de trois mois. Vu le rôle stratégique qu'elle joue dans ces domaines sur lesquels repose l'avenir du pays, des techniciens et des professionnels du secteur commencent aujourd'hui à soulever des questions quant à l'encadrement des décisions stratégiques prises dans ces secteurs.
« Les compagnies pétrolières entrent dans la période de démarrage de leurs activités de prospection. Les investissements devront être remboursés par l'Etat qui doit, logiquement et nécessairement, avoir un droit de regard sur leurs activités », soulève un technicien proche du milieu pétrolier.
Avec la confusion actuelle, les techniciens de l'Omnis participent sans aucun représentant de ministère à la validation des plans de travail annuels des compagnies. Des missions et des voyages à l'étranger sont organisés avec les dépenses conséquentes, sans aucun encadrement d'une autorité hiérarchique.
Un pavé dans la mare
Le bras de fer autour de la tutelle de l'Omnis a commencé au mois de novembre 2011, à l'issue de l'avènement de l'actuel gouvernement d'union nationale. Les Mines et les Hydrocarbures ont été scindés en deux ministères, soulevant ainsi un intense débat sur la légitimité de sa mise sous tutelle.
Si l'on se réfère uniquement au texte, un décret en date de l'année 2004 prévoit que l'Omnis est sous tutelle du ministère en charge de l’Énergie et des mines. Par ailleurs, outre les activités pétrolières amont, les projets de recherche d'uranium et le suivi du projet ilmenite de QMM à Tolagnaro font également partie de ses attributions.
Mais le Premier ministre Omer Beriziky a déjà manifesté son souhait de rattacher cette structure aux Hydrocarbures, arguant la nécessité d'un bon fonctionnement du gouvernement d'union nationale, et pour doter ce département nouvellement créé, de moyens. Dans la foulée, les dirigeants de l'Omnis ont jeté un pavé dans la mare en manifestant leur désir d'être rattachés à la présidence, un statut qu'elle avait déjà auparavant. Dans tous les cas, ces changements auraient nécessité une modification de fonds du statut régissant l'Omnis. Ce qui aurait été qualifié de « non opportun en période de Transition par d'autres hauts responsables », selon d'autres sources.
Mahefa Rakotomalala
Mercredi 08 fevrier 2012