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Médiation
Le FFKM prend son temps
Les membres du FFKM qui avaient jeté le gant en mars 2009 à l’épiscopat d’Antanimena (Photo Claude Rakotobe)
Les appels à la médiation lancés au FFKM, dont celui du chef du gouvernement, demeurent pour l'instant sans réponse. Les chefs d'église n'ont pas encore évoqué le sujet ensemble.
Le Conseil œcuménique des églises chrétiennes (FFKM) se fait attendre. Il n'a pas encore répondu aux différentes sollicitations pour jouer un rôle de médiateur, notamment celles du Premier ministre Omer Beriziky.
« Pour l'instant, je n'ai rien à déclarer. Toute déclaration devrait être convenue entre les quatre chefs d'Église », a avancé le docteur Endor Modeste Rakoto, président de l'Église luthérienne (FLM) et président tournant du FFKM, hier à son bureau à Andohalo.
Le docteur Endor Modeste Rakoto pèse ses mots pour évoquer les différentes sollicitations du FFKM pour la médiation en vue de l'application de la Feuille de route, surtout celle du chef du gouvernement. Ce dernier aurait même envoyé une lettre à la confédération des églises chrétiennes.
À entendre le président tournant du FFKM, l'entité ne semble pas encore avoir pris une décision sur la demande de la Primature, du moins pour l'instant. Il souligne l'absence de la question à l'ordre du jour de la prochaine réunion des chefs d'Église la semaine prochaine, sans pour autant fermer la porte d'une manière définitive.
Raccommodage
Dans son explication, le président du FLM s'en tient à la déclaration du FFKM à Ambositra, en décembre.
« Nous avons exhorté pour le rapprochement, le dialogue et le pardon mutuel, rappelle-t-il. Mais je ne peux rien dire pour ce qui est de la prochaine étape. »
L'organe chargé de l'examen des affaires nationales (Sefip) au sein du FFKM s'est réuni hier. Le rendez-vous sert justement à préparer l'ordre du jour de la prochaine réunion des chefs d'Église. Mais selon certaines indiscrétions, la question relative à la demande gouvernementale n'« a pas été discutée » au cours du rendez-vous.
Le Premier ministre Omer Beriziky s'est tourné vers la confédération des Églises chrétiennes pour « raccommoder les déchirures », au lendemain du retour avorté de l'ancien président Marc Ravalomanana. Il avait évoqué le « besoin de nos sages qui ont joué beaucoup de bons rôles ». Il avait indiqué la possibilité de se tourner vers les chefs d'Église « pour justement demander leur concours dans la résolution de cette crise, pour pouvoir nous retrouver de nouveau, pourquoi pas , autour d’une table ». Et le conseil du gouvernement du 31 janvier avait imaginé l'implication des chefs d'Église, aux côtés de la médiature de la République, dans un rendez-vous élargi pour évoquer les mesures d'apaisement.
La position du FFKM risque de bouleverser le plan du gouvernement, à moins que ce dernier trouve une autre solution à la question. Or, le temps presse avant
l'expiration de la date butoir imposée par la Troïka, organe de coopération de la Commu­nunauté de développement de l'Afrique australe (SADC) pour l'adoption
des mesures d'apaisement, y compris l'amnistie, avant le 29 février.
Le comité ad hoc interministériel du gouvernement chargé de la mise en œuvre de la Feuille de route s'est réuni hier matin. Mais un des ministres présents au rendez-vous affirme l'absence de discussions sur l'élargissement du comité ad hoc, afin d'examiner les mesures d'apaisement. Les participants se sont, entre autres, penchés sur l'examen de la mise en place de la Commis­sion électorale nationale indépendante (CÉNI).

Iloniaina Alain
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