Manjakatompo
Une perquisition controversée
Le commissaire Charly Nakany montrant la drogue trouvée chez Tojo Ravalomanana (Photo Hery Rakotondrazaka)
La perquisition au domicile de Tojo Ravalomanana portait sur « trafic de drogue et détention d'armes ». L'opération a été menée sous tension.
Les éléments de la Direction de la sécurité du territoire (DST) ont dû mettre fin d'une manière subite à la fouille au domicile de Tojo Ravalomanana, fils de Marc Ravalomanana, à Manjakatompo lundi, selon Charly Nakany. Le patron de la DST a confié qu'une telle mesure a été prise pour raison de sécurité, puisque la situation risquait d'être tendue sur place. Dans leur camp, les partisans de l'ancien président de la République en exil en Afrique du Sud sont allés jusqu'à remettre en cause le statut de la DST pour dénoncer « un abus de pouvoir ».
Le commissaire Charly Nakany s'est mis à l'aise derrière son bureau à Ambohitsorohitra hier, avant de déclarer que son équipe attend la consigne du procureur de la République du tribunal de première instance d'Antsirabe pour continuer la perquisition ou classer l'affaire. « Il y a beaucoup de pression. Même la communauté internationale a recommandé l'arrêt du traitement de l'affaire », a-t-il confié hier lors de l'entretien.
En présence de quelques éléments de la DST dans la salle, Charly Nakany a relaté qu'en pleine fouille de la maison, il a été demandé par Tojo Ravalomanana d'entrer en conversation avec Marc Ravalomanana qui était déjà en ligne. Le fils de l'ancien chef d'État a, par la suite, essayé de convaincre le commissaire de police de dialoguer avec Mamy Rakotoarivelo, président du Congrès de la Transition (CT) et chef de délégation de la mouvance Ravalomanana aux négociations de résolution de crise, mais encore en vain.
Le DST a affirmé avoir trouvé de la drogue au domicile de Tojo Ravalomanana en sortant d'un sac de sport les objets saisis à Manjakatompo. « La perquisition que nous avons exécutée au domicile de Tojo Ravalomanana s'est effectuée suivant les procédures légales. (...) Nous sommes arrivés sur place à 18 h 10 avec un mandat de perquisition pour terminer la mission à 22 h 32 », a-t-il souligné.
Irrégularités
Mais sa déclaration a été contredite par maître Hanitra Razafimanantsoa qui a dénoncé des irrégularités dans l'accomplissement de la mission en question. L'avocate a évoqué qu'en matière de perquisition, l'accès à l'intérieur du domicile d'une personne est conditionné par le consentement du propriétaire. L'opération aurait dû s'effectuer en plein jour, entre 5 heures et 19 heures. « Ils ont forcé la porte à l'aide d'un groupe électrogène et d'une meule. La perquisition a été encore exécutée même dans la nuit », a-t-elle avancé hier, lors d'un entretien au siège des « légalistes » à Bel Air.
Fano Rakotondrazaka
Mercredi 08 fevrier 2012