Mahajanga
Les étudiants en grève
Les étudiants ont décrété la grève à l'Université de Mahajanga, suite à l’arrestation de trois des leurs (Photo Vero Andrianarisoa)
L'arrestation des trois étudiants présumés meurtriers d'un policier a pris une suite imprévue. Les cours sont suspendus au campus d'Ambondrona.
Les réactions des étudiants n’ont pas tardé, 48 heures après l’arrestation de trois des leurs, suite au meurtre d’un policier stagiaire à l’épi-bar de Tsaramandroso, samedi 4 février matin.
A l'issue d'une assemblée générale, tenue dimanche matin au campus d’Ambondrona, ils ont décidé de suspendre tous les cours depuis hier, lundi 6 février. Les activités au niveau de la médecine interne, dont les stages au sein du Centre hospitalier universitaire (CHU) d'Androva sont aussi arrêtées. En résumé, les étudiants sont en grève.
Tous les examens à la Faculté de médecine n'auront aussi pas lieu, à partir de ce jour. « Nous demandons le transfert des enquêtes à la gendarmerie nationale, face au non-respect des droits de l’homme », ont martelé les étudiants.
Rumeurs
Le secrétaire général de l’Université de Mahajanga, René Ndriampisora, déplore également la manière dont les trois étudiants ont été arrêtés.
« C’était vraiment rocambolesque ce qui s'était passé samedi. Nous ne sommes pas contre l’arrestation ni la recherche des auteurs de ce crime. Au contraire, nous insistons pour que les enquêtes soient accélérées, mais dans le respect des droits de l’homme et des droits individuels », a fait remarquer le représentant de la présidence de l’Université.
« Les policiers ont embarqué sans ménagement et ont agressé tous ceux qui ont été arrêtés à Tsaramandroso. Ils ont refusé de laisser nos camarades prendre leur repas », ont ajouté des témoins et des membres des familles des étudiants arrêtés.
La personne qui se trouve dans le coma au CHU d'Androva n’est pas un étudiant, d’après le secrétaire général de l’Université. Par ailleurs, les étudiants nient avoir tué le policier. D’après les rumeurs, des individus de Tsararano ont profité de la bagarre générale dans le bar pour agresser l’homme de loi et salir ainsi les étudiants. Rappelons que l’arme du policier a disparu.
En fait, les cartes d’identité nationale ramassées sur les lieux, ce soir-là, appartiennent à des étudiants d’Ambondrona. En tout cas, l’université a engagé un avocat pour les défendre.
La suite des enquêtes donnera plus d'éclaircissements, au vu de toutes les révélations ultérieures aux arrestations.
Vero Andrianarisoa
Mardi 07 fevrier 2012