Julien François Randriambeloson
« On assiste à une reprise de coupe de bois précieux »
Le directeur de cabinet du ministre de l'Environnement apporte des explications sur l'arrêté diffusé sur l'exportation des produits principaux des forêts. Il a aussi rapporté des cas de coupe de bois de rose à Mananara
• Pourquoi le ministère de l'Environnement a - t - il décidé de promulguer cet arrêté qualifié de danger pour la forêt ?
- Tout d'abord il faut connaître le contexte qui a poussé le ministère à promulguer cet arrêté. En 2009, 500 containers de bois en souffrance ont été saisis au port de Mahajanga. Ceux-ci n'ont pas pu être exportés et sont restés là. Le ministre de l'Environnement, le docteur Joseph Miandrisoa, a rencontré les opérateurs et a estimé qu'ils ne devaient pas être pénalisés par un cadre juridique flou. Le MEF a ainsi été amené à préciser et à simplifier la classification des produits exportables d'où la promulgation de cet arrêté. Cependant ce dernier ne concerne ni les bois qualifiés dans la catégorie 1 ni les bois de rose et bois d'ébène. Il me semble que l'arrêté n'a pas été lu dans son intégralité. Nous avons, par exemple, bien précisé dans l'alinéa 2 de l'article 4 que l'origine légal des produits doivent être justifiés. En fait, cet arrêté a été conçu juste pour sortir les bois qui ont été bloqués à Mahajanga. Ni les bois de rose, ni les bois d'ébène ni ceux qui sont classés dans la catégorie 1 du classement des produits forestiers ne sont concernés par cet arrêté.
• Mais le même article 4 autorise l'exportation des produits principaux des forêts toutes catégories confondues, n'est-ce pas contradictoire ?
- Comme je l'ai dit, cet arrêté ne concerne pas la généralité. Il a été promulgué pour un contexte précis. Seul les palissandres et les produits en souffrances sont concernés par cet arrêté. étant donné que nous avons fait un communiqué verbal sur la question pendant un conseil de gouvernement, on peut vérifier les intentions du ministère. D’ailleurs, nous nous posons des questions sur la réaction de l'Alliance Voahary Gasy. Pourquoi critiquer ce qui est légal Il n'est pas question de vente de bois de rose. Et même l'atelier qui sera organisé dans la Sava ne concernera pas la question de mise en vente des bois de rose et bois d'ébène mais plutôt de la politique générale du ministère.
• Vous mentionnez également, dans le même arrêté, que tout le monde est dorénavant apte à obtenir un agrément d’exportation. Cela ne risquerait-elle pas d'entrainer une exploitation sauvage ?
- Nous avons effectué un recensement du nombre des opérateurs concernés par les bois bloqués au port, donc leur nombre ne doit pas augmenter. Nous leur avons également demandé de rédiger une lettre d'engagement. Et pour éviter toute forme de mauvaise interprétation, nous avons sorti un texte explicatif de cet arrêté
• Est-il vrai qu'actuellement, dans la Sava, des personnes procèdent à la coupe de bois de rose ? Est-ce dû justement à la mauvaise interprétation de l'arrêté ?
- Nous avons à un moment donné rencontré 120 opérateurs qui détiennent des bois de rose et des bois d'ébène. Nous leur avons dit que s'ils voulaient que leur problème soit résolu, ils devaient signer une lettre d'engagement assurant qu'ils ne procéderaient plus à la coupe. Certains ont accepté de la signer, d'autres non. Au contraire, certaines personnes affirment que la coupe est de nouveau légale. Nous avons déjà envoyé des contrôleurs sur place. malheureusement, nous n'avons pas encore pu arrêter ceux qui procèdent à nouveau à la coupe. Cette reprise a été constatée à Mananara et non dans la Sava.
Propos recueillis par
Judicaëlle Saraléa
Mercredi 22 fevrier 2012