Jirama
Réorganisation du délestage
La centrale d'Andekaleka fonctionne presque à la moitié de sa capacité (Photo Mahefa Rakotomalala)
Les coupures d’électricité dureront plus longtemps pendant les heures de pointe. Par contre, elles ne seront plus systématiques tous les jours.
Deux heures et demie voire trois heures. C’est la durée des coupures de courant pendant les heures de pointe depuis la semaine dernière. Mais les usagers avertis ont sans doute remarqué que certains jours de la semaine, leur courant n'a pas été coupé. Ce sont les conséquences d’une nouvelle organisation du délestage appliquée par la Jirama. Chaque jour, les coupures sont concentrées sur une zone, épargnant les autres quartiers.
« Si l’on fait tourner le délestage avec des coupures plus courtes, chaque quartier devra vivre dans le noir durant un certain temps tous les jours. Avec le système actuel, dans certaines zones les usagers peuvent passer la soirée sans souffrir d'une coupure de courant quelques jours de la semaine », explique-t-on au niveau de la Jirama.
Cette réorganisation suscite des opinions partagées parmi les clients de la Jirama. Les uns trouvent que depuis son application, le délestage passe presque inaperçu et devient moins contraignant. D’autres estiment au contraire que les longues coupures
désorganisent complètement toute une soirée qui devrait être un moment de détente pour la famille.
« La Jirama devra maintenant pouvoir communiquer à l’avance la programmation quotidienne des quartiers concernés. Ainsi, tout le monde peut s’organiser et s’adapter », suggère un habitant d’Anosizato, une des zones les plus fréquemment touchées par le délestage.
Concernant une éventuelle fin du délestage, elle est encore loin de se profiler à l’horizon. La Jirama affirme que sa capacité de production d’électricité est encore fortement affectée par la baisse du niveau d’eau qui alimente les centrales hydroélectriques. Mandraka, par exemple, ne produit parfois que le tiers de sa capacité. Les pluies qui sont tombées la semaine dernière, n’ont presque pas eu d’effet sur le niveau du lac de Mantasoa, sa principale réserve et source d’approvisionnement en eau. La situation est davantage critique à Andekaleka qui ne dispose pas du tout d’un système de stockage d’eau.
Risque d'aggravation
La semaine dernière, des discussions ont eu lieu entre les industriels et la Jirama pour que les premiers réduisent leur utilisation d’électricité durant les heures de pointe. Selon une source proche du milieu des industriels, il s’agissait surtout d’une conscientisation car aucun accord final n’a été conclu.
« La situation peut encore empirer, il est donc impossible de prévoir à l’avance ce que les industriels peuvent faire. De toute façon, chacun est conscient que faire du forcing en continuant à travailler au maximum durant les heures de pointe, ne résout pas le problème. Au contraire, cela complique davantage la gestion des charges et du personnel », précise notre source.
Mahefa Rakotomalala
Lundi 14 novembre 2011