 09-02-2010

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| POLITIQUE
Réunion de Genève |
Ravalomanana se fait prier |
Départ reporté, hier, de la mouvance Rajoelina pour la réunion de Genève de samedi à lundi. Un report dû au fait que Ravalomanana refuse de s’y rendre pour signer l’accord du Carlton. |
La mouvance Ravalomanana souffle le chaud et le froid. Alors que tout est déjà en place pour le Sommet de Genève censé réunir les chefs de file des quatre mouvances, les partisans de l’ancien président laissent entendre la réticence de leur patron à participer au rendez-vous.
«Le président Ravalomanana ne se déplacera pas à Genève pour entériner les accords conclus à l’Hôtel Carlton», a annoncé Stanislas Zafilahy Rakotomandimby, ancien président du groupe parlementaire du TIM à l’Assemblée nationale, hier à Ankorondrano.
Il a évoqué la raison de ce refus. «Les affaires nationales ne sont pas celles d'enfants pour que, hier, on refuse de signer (l’accord entérinant les trois noms à la tête de l’Exécutif exigé par Marc Ravalomanana lui-même) et aujourd'hui on change d’avis».
Depuis quelques jours, le bruit d’un éventuel refus de Marc Ravalomanana de participer à la réunion des chefs de file des mouvances afin de donner un coup de fouet au processus de transition, a circulé en ville. Maintenant, la décision a été officialisée même si les motifs varient d’un moment à l’autre. Auparavant, le souhait de voir la tenue du rendez-vous en Afrique avait été évoqué, quoiqu’il ait déjà accepté Berlin avant la désignation de la ville suisse comme lieu de rendez-vous.
Les têtes pensantes de la délégation de la mouvance Ravalomanana n’ont pas pu être jointes tout au long de la journée pour savoir si le refus est définitif et irrévocable. Le flou persiste ainsi sur la position exacte du camp Ravalomanana. À entendre Stanislas Zafilahy Rakotomandimby, l’ancien chef de l’État ne refuse pas d’une manière catégorique de participer à la réunion pour «régler les pendantes» dans la mise en place de la transition. Le rejet se porte uniquement sur la signature à apposer pour consacrer les trois noms à la tête de l’Exécutif de la transition.
Intenses tractations
Tiébilé Dramé, émissaire des Nations unies, n’a pas pu être joint non plus. Il semble qu’aucune décision définitive n’a été prise sur l’avenir du Sommet de Genève. D’intenses tractations internationales sont en cours pour régler l’épineuse question du refus de dernière minute de Marc Ravalomanana dans une course contre la montre de 24 heures. Des grandes puissances auraient même envoyé des émissaires auprès de l’ancien président pour tenter de le convaincre.
Pour l’heure, le désistement au dernier moment de l’ancien président crée une période de flottement à moins d’une journée de l’ouverture du Sommet de Genève. Andry Rajoelina, président de la Transition, devait rallier Genève hier soir, via Paris. Mais selon le communiqué de la présidence, «le départ (…) n’aura pas lieu», sans autre explication. D’autres confidences le placent ce jour.
Du côté de la mouvance Ratsiraka, il n’y a encore rien d’alarmant. «Nous sommes encore dans la logique du départ. L’équipe des Nations unies nous a informés de notre départ demain (aujourd'hui) après avoir pris nos papiers dans la journée», a indiqué Ange Andrianarisoa, chef de délégation.
Encadré
Des préparatifs avancés
Malgré les vicissitudes des décisions politiques de la partie malgache, l’organisation du Sommet de Genève avance à grand pas. Des chambres à l’Hôtel Intercontinental sont réservées pour accueillir tous les membres des délégations des quatre mouvances. Et la réunion est prévue se tenir au Palais de la Nation, à cinq minutes de marche à pied de l’hôtel.
Une conférence de presse, animée par Joaquim Chissano, ancien président mozambicain et membre de l’équipe de médiation, est prévue ce jour dans la ville suisse. Celle-ci doit donner le ton au rendez-vous, permettant au monde entier d'être informé des tenants et aboutissants du processus. La réunion proprement dite devrait commencer samedi après-midi et être clôturée par un déjeuner lundi.
Les organisateurs ont maintenu la formule de onze membres par délégation comme lors des Sommets de Maputo. Chaque délégation a droit à sept membres, les trois autres faisant partie du staff de son chef. La multiplication des membres de délégation contraint les organisateurs à redoubler d’imagination en matière de logistique dans un laps de temps assez court.
Nouveau départ
Selon le programme préétabli, les participants rejoindront Paris puis Genève à bord de vols commerciaux. Andry Rajoelina et sa délégation auraient dû quitter le sol malgache hier. Mais le refus au dernier moment de l’ancien président Ravalomanana de se rendre à Genève oblige les organisateurs à réaménager le plan initial. Un nouveau départ du président de la Transition est prévu ce jour, avec les délégués des autres mouvances. En revanche, Eugène Mangalaza et son entourage se sont déjà envolés pour la Suisse mercredi.
Plusieurs pays et organisations mettent la main à la pâte. Les Nations unies se trouvent en première ligne pour la tenue de ce Sommet dans la ville où elles siègent. Même l’Office à New-York est mobilisé pour préparer le rendez-vous.
L’ONU avance également tous les frais occasionnés, en outre la Suisse, pays hôte, l’Allemagne, la France et les Etats-Unis ont promis d’apporter leur contribution. Il en est de même de l’Union européenne et de l’Organisation internationale de la Francophonie.
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Iloniaina Alain
Date : 16-10-2009 |
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