 09-02-2010

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| POLITIQUE
La crise se dénoue |
Mangalaza, Premier ministre |
La réunion du Groupe international de contact a abouti, hier, à l’éviction du Premier ministre Monja Roindefo. Il a été remplacé par le professeur Eugène Mangalaza de la mouvance Ratsiraka. D'autres nominations ont été entérinées pour dénouer la crise. |
Dénouement de la crise, enfin presque. Les quatre mouvances ont trouvé un accord sur les noms des dirigeants de l’Exécutif de la Transition. Il reste à régler certaines questions pratiques pour la mise en œuvre du processus de transition consensuelle et inclusive.
Il est 22 heures. Les membres des délégations des quatre mouvances sortent de la salle de réunion, la mine détendue, et le sourire aux lèvres. «Nous avons trouvé un accord sur les trois noms manquants à Maputo», a confirmé Ange Andrianarisoa, chef de la délégation du camp de l’ancien président Ratsiraka.
Ce qui était un secret de polichinelle depuis quatre heures à Anosy a été confirmé. «Eugène Mangalaza est le premier ministre de consensus, Emmanuel Rakotovahiny est le vice-président», a soutenu Ange Andrianarisoa. «Le poste de président revient à Andry Rajoelina», a-t-il ajouté.
Des questions pratiques restent en suspens. «Andry Rajoelina peut nommer dès maintenant ou demain le nouveau premier ministre ainsi que le vice-président», a expliqué Ablassé Ouedraogo. Mais pour l’heure, il n’y a pas encore de communiqué dans ce sens.
Pour ce qui est de la formalisation des accords, il faudra un peu de temps. Jean Ping, président de commission de l'union africaine, a indiqué que cela devrait se faire le plus tôt possible, a-t-il indiqué sans préciser le calendrier. Tout devrait être entériné officiellement par les quatre chefs de file à une date ultérieurement indiquée et dans un lieu à désigner.
Forte objection
La pression exercée par la communauté internationale a joué pour le déblocage de la situation. «Madagascar n’a plus de temps. Le temps pour vous est maintenant», a lancé Phillip Carter, haut responsable au sein du département d’État américain aux délégués présents dans la salle.
À entendre Fetison Andrianirina du camp Ravalomanana, tout le monde a fait des concessions pour arriver aux accords. «La mouvance Rajoelina a accepté de retirer son Premier ministre. La mouvance Ravalomanana a concédé la nomination de Andry Rajoelina à la tête de la transition. Mais nous avons demandé à ce que tous les membres de l’Exécutif ne puissent pas se présenter aux élections», a-t-il soutenu.
Le point d’objection forte connaît une zone d’ombre. Fetison Andrianirina a expliqué que la question avait porté sur la candidature de Rajoelina aux prochaines élections. «Mais après recadrage des participants sur la nécessité de rester dans l’esprit de Maputo et en l’absence de réponse claire du camp Rajoelina, nous avons porté une forte objection sur la nomination de Rajoelina au nom des principes consensuel et inclusif», a-t-il soutenu.
Face à ce point, Jean Ping, président de commission de l’Union africaine a tenté d’arrondir les angles. Il a mis l’accent sur la question de processus en cours. ll a également préféré mettre l’accent sur l’ avancée enregistrée tout en promettant l’accompagnement de la communauté internationale et la poursuite des aides humanitaires.
Encadré
Un ancien de 2002
Le nouveau Premier ministre incarne la discrétion. Agé de 59 ans et père de trois enfants, ce grand intellectuel originaire de Toamasina, ancien du lycée Rabemananjara et de l'université de Bordeaux III, où il avait décroché un diplôme de 3e cycle,n'est pas un novice en politique. Ancien inspecteur de l'enseignement supérieur à l'époque du ministre Ignace Rakoto dans les années 70-80, il était directeur des ressources humaines du Port de Toamasina en 1989 avant d'être deuxième recteur de l'université de Toamasina. Il devient recteur de 1989 à 2002. Impliqué dans la fameuse crise politique, il avait été arrêté avant d'être relâché après une enquête à la DGIDIE à Ambohibao. Par la suite, il est parti enseigner en Suisse et à Bordeaux III. Il réside aujourd'hui à La Réunion tout en enseignant la philosophie à Toamasina.
Selon ses proches,il subodorait sa nomination depuis quelque temps mais dans une grande discrétion.
Eugène Mangalaza est aussi un grand artiste.
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Iloniaina Alain
Date : 07-10-2009 |
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