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Edition n° 4535 du 09-02-2010
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CHRONIQUE DE VANF

Souveraineté à débattre
Par Nasolo-Valiavo Andriamihaja

 
Nous serions donc ce pays pauvre de nos richesses. Pauvres de cette terre immense que nous nous contentons de contempler. Pauvres de ce sous-sol sur lequel nous nous étions contentés de nous asseoir jusqu'à ce que des multinationales succèdent à Jean Laborde. Pauvres de ce capital humain que nous avons laissé se ruiner moralement dans la misère matérielle.
Quand j'y réfléchis bien, je ne trouve finalement rien de scandaleux dans le principe de la location d'un million d'hectares de nos terres par une société étrangère. Nous n'allons pas indéfiniment regarder cette terre partir inutilement dans la boue des érosions. Nous n'allons pas nous contenter d'en faire de maigres pâturages à un bétail famélique. Nous n'allons pas nous contenter de voir des dahalo circuler impunément dans ce no man's land.
Ce qu'il aurait fallu, c'est une meilleure communication. Et la transparence nécessaire dans un État de droit et un régime démocratique. Quelles étaient les conditions du contrat ? De quelle contrepartie devait bénéficier Madagascar ? Y avait-il des privilèges exorbitants dans un contrat éventuellement léonin ?
En ce moment même, l'île Maurice obtenu la mise à sa disposition de 10.000 hectares dans le district de Marracuene, à 70 km de Maputo. Les Malgaches viennent à Maputo, Mozambique, pour négocier une Charte inclusive, consensuelle et concertée de la Transition, mettant enfin un terme à sept mois de gâchis. Les Mauriciens préparent déjà l'externalisation de leur agriculture faute de l'espace vital qui abonde à Madagascar.
C'est quoi la souveraineté nationale que nous brandissons régulièrement ? C'est d'assister avec désinvolture à la mort lente d'une population qui s'enfonce chaque jour davantage dans les abysses des indicateurs du PNUD, de l'UNESCO, de la Banque Mondiale ? Qu'est-ce qui serait plus « souverainiste », de laisser sombrer l'espérance de vie à la naissance ou d'essayer d'imaginer des solutions pour que les Malgaches retrouvent leur pouvoir d'achat des années 1960 ?
Parce que cette souveraineté nationale, c'est d'abord de la fierté. Mais, une fierté cohérente qui ne soit pas obligée de quémander de la main gauche ce que la main droite aura dédaigné. En vérité je vous le dis, le spectacle plusieurs fois quotidien d'une meute d'enfants demandant partout l'aumône me semble plus préjudiciable à la souveraineté nationale que la gestion intelligente, prudente, sage, d'un bail \1 sur un million d'hectares de terre en friche.
 

Date : 25-08-2009
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